Le gouvernement togolais met en œuvre , depuis 2012 et avec l’appui de la Banque mondiale, le Projet de Développement Communautaire et des Filets Sociaux (PDC plus) qui est une continuité du PDC démarré en 2008 et achevé en septembre 2013. Le PDC plus a pour objectif d’apporter aux communautés vulnérables, des infrastructures socio-économiques de base améliorées, des Activités Génératrice de Revenus (AGR), des Travaux à Haute Intensité de Main d’Œuvre (THIMO) et l’accès à la nourriture à travers le financement , entre autres, d’au moins 320 infrastructures socioéconomiques de base construites ou rénovées. Microprojets que ces communautés identifient et mettent directement en œuvre elles-mêmes.
Après 3 ans de mise en œuvre, le PD plus a été évalué mercredi 11 mars 2015 par le gouvernement togolais et la Banque mondiale. C’était au cours d’un atelier tenu à Lomé et présidé par Mme Victoire Tomégah-Dogbé, ministre du Développement à la Base , de l’Artisanat, de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes.
» Le PDC plus va au-delà d’une simple mise à disposition d’ouvrages communautaires pour contribuer à régler la question d’inégalité sociale et de vulnérabilité des plus pauvres. Par son approche, il a une dimension forte de construction du capital humain. C’est pourquoi, le gouvernement réaffirme son engagement à poursuivre sa mise en œuvre et invite les partenaires techniques et financiers à l’accompagner dans son extension et son développement« , a déclaré Mme Tomégah-Dogbé, à l’ouverture de la rencontre.
« La particularité du PDC plus , c’est qu’il permet aux communautés de faire entendre leur voix quant au type d’infrastructures et d’activités dont elles ont le plus besoin pour sortir de la pauvreté. Ces communautés peuvent ainsi prendre part et s’impliquer davantage dans la réalisation des différents microprojets qu’elles ont identifiés elles-mêmes », a renchéri Hervé Assah, Représentant Résident de la Banque mondiale au Togo.
PDC plus: axes, financement et approche de mise en œuvre
Financé à hauteur de 19 milliards (dont 12,5 milliards de la Banque mondiale, 1,2 milliard du Japon et 1,750 milliard de l’Etat togolais), le PDC plus est mis en œuvre à travers une approche dite de « développement conduit par les communautés ». C’est une approche par laquelle les communautés identifient leurs priorités de développement, les traduisent en microprojets qu’elles soumettent au financement du PDC plus, organisent la sélection des entreprises , les paient et supervisent les travaux.
Le projet comprend 3 composantes:
1- La composante développement communautaire:
Elle finance les microprojets d’infrastructures. Il s’agit de construire , de réhabiliter et équiper des bâtiments scolaires et de soins de santé périphérique, de réhabiliter les pistes rurales, de mettre en place des points d’eau et des ouvrages d’assainissement, etc. de même que des microprojets d’Activités Génératrices de Revenus (AGR).
2- La composante filets sociaux:
Cette composante finance les travaux publics à haute intensité de main d’œuvre destinés à créer 10.000 emplois temporaires, et à réhabiliter 125 infrastructures communautaires grâce aux travaux publics qui sont notamment le curage des marres d’eau, la réfection des pistes rurales etc., les transferts monétaires destinés à améliorer l’accès des communautés pauvres aux filets de protection sociale.
Elle comporte deux sous-composantes liées à la nutrition que sont les cantines scolaires et les transferts monétaires. Les cantines scolaires ont pour objectif principal de permettre aux communautés les plus pauvres, qui sont particulièrement affectées par la crise des prix des produits alimentaires, d’assurer un minimum de nourriture aux écoliers du cours primaire. Le projet de transferts monétaires intervient dans la prévention et la prise en charge de la malnutrition chez les enfants de 0à 59 mois dans les régions de la Kara et des Savanes, celles où les taux de malnutrition sont les plus élevés. De façon spécifique, le projet consiste à transférer aux femmes enceintes d’au moins trois mois et aux mères et tuteurs d’enfants de 0 à 24 mois et ceux malnutris de 25 à 59 mois, une somme mensuelle de 5000FCFA afin de leur permettre d’offrir à ces enfants une alimentation saine et équilibrée. Il consiste également en la fourniture d’un paquet d’informations et de formations sur la nutrition et la protection de l’enfant aux ménages bénéficiaires à travers des causeries éducatives et des visites à domicile organisées par les agents communautaires de la protection de l’enfant et les agents de santé communautaire.
3- La composante gestion de projet:
Cette composante finance les études, les audits et les coûts de gestion des activités du projet. Elle vise à maintenir les coûts de gestion du projet à un niveau inférieur ou égal à 17% des ressources du projet et de permettre leur utilisation de façon proportionnelle à la situation de pauvreté de chaque région à la pauvreté nationale.
PDC plus 2012-2015: les résultats
Sur le plan des infrastructures communautaires 155 microprojets sont réalisés sur 320 prévus. Les ouvrages comprennent 90 bâtiments scolaires avec 248 salles de classes, 44 forages, 13 bâtiments de soins de santé et le reste en latrines, hangars de marché et ouvrages de franchissement.
Le taux de réalisation des microprojets d’infrastructures est de 48% et ce taux est dû au fait que le dernier accord de crédit qui octroie 150 microprojets additionnels pour porter le nombre prévisionnel des microprojets à 320 n’est mis en vigueur qu’en décembre 2014.
Sur le plan des microprojets d’Activités Génératrices de Revenus , 149 sur 150 prévus sont financés avec environ 3.275 bénéficiaires sur 2250 prévus.
Pour la composante des filets sociaux et en matière des THIMO, 9.679 emplois temporaires sont créés sur 10.000 prévus dont 42% sont des femmes. Ces emplois ont permis de réaliser 119 microprojets sur 125 prévus. Ces ouvrages sont pour la plupart des réfections de pistes rurales, l’aménagement des retenues et marres d’eau à des fins de production agropastorale.
Dans le domaine des cantines scolaires, 308 écoles publiques des cours primaires et préscolaires sont touchées avec un effectif total de 78.756 écoliers.
Sur le registre des transferts monétaires, les paiements ont effectivement démarré en septembre 2014 et ont touché 12.850 bénéficiaires qui sont les enfants de 0 à 24 mois, les enfants de 25 à 59 mois malnutris et les femmes enceintes à partir de leur troisième mois de grossesse. L’indicateur 21.500 bénéficiaires prévus sera atteint par le truchement de l’actualisation de listes.
Le taux de décaissement global est de 77,12% pour tout le projet.

