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Interview/ Robert DUSSEY: « Les Allemands ont fait le bon choix d’investir dans le clinker au Togo parce que c’est un pays sûr »

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  En marge d’une visite de 48 heures en Allemagne depuis le mardi 11 février, le Ministre togolais des Affaires Etrangères et de la Coopération, Robert DUSSEY , a accordée une série d’interviews  à la presse étrangère. Dans celle retranscrite ci-dessous par manationtogo.com, le chef de la diplomatie togolaise est revenu sur la nécessité d’investir au Togo et sur la force africaine en attente, la CARIC. Lecture!

 

Que pouvons-nous retenir de vos échanges avec les autorités allemandes ?

 

Robert DUSSEY : Nous sommes entendus sur les réformes politiques et économiques que nous avons commencé à faire à Lomé. Le gouvernement allemand se réjouit du fait que nous avons entrepris ces démarches, et souhaite que nous puissions réussir dans notre initiative de réformer l’administration togolaise, la politique et l’économie togolaise.

 

Ces dernières années, pas mal de sociétés allemandes sont venues investir dans votre pays, le plus important d’ ailleurs c’est dans le domaine d’exploitation du   clinker. Aujourd’hui, ces sociétés demandent plus de garantie et naturellement il faut une stabilité politique dans le pays …

 

RD : Effectivement, l’investissement allemand, comme vous venez de le souligner, qui est de plus en plus important au Togo est la suite de bonnes relations politiques et diplomatiques que nous avons avec l’Allemagne. Vous savez également que le Togo est l’un des pays les plus stables et les plus sûrs de la côte Atlantique, de l’Afrique de l’ouest. En ce sens, les investisseurs allemands comme tout investisseur étranger, ont tout intérêt à venir investir au Togo. Les Allemands ont fait le bon choix d’investir dans le clinker au Togo parce que c’est un pays sûr, sur lequel ils peuvent compter pour la sécurité de leur investissement en Afrique. Rappelez-vous que nous avons une zone franche industrielle qui fonctionne au Togo et tous les investisseurs ont des intérêts à défendre sur le terrain. Si les allemands veulent construire un village moderne, nous sommes preneurs. L’essentiel est que cet investissement qui se fait ou se fera, contribue à l’amélioration des conditions de vie des populations togolaises.

 

Selon l’envoyé spécial de la chancelière Allemande, Angela Merkel, en Afrique, l’investissement allemand tient compte des normes environnementales et de développement dans la région. C’ est pourquoi d’ ailleurs, il est prévu la création de ce village moderne autour du parc industriel de SIKAKONDJI dans le Sud du Togo. Est-ce une particularité allemande ?

 

RD : Vous savez que l’Allemagne est un pays très respectueux de l’environnement et nous saluons cette volonté du pays de protéger, la nature, l’environnement. Le Togo veut devenir, à l’exemple de l’Allemagne, un pays modèle. Un modèle de développement économique, social, politique.

 

Sur le plan continental, que veulent les pays africains de l’Allemagne ?

 

RD : Nous pensons que l’Allemagne est le pays le plus important économiquement en Europe, donc il a tout intérêt à investir en Afrique. Nous attendons de l’Allemagne, un appui, un investissement important et diversifié sur le continent. Depuis la réunification de l’Allemagne, elle s’est tournée vers les pays de l’Est. Mais  nous pensons que les Allemands peuvent investir en Afrique qui est un continent d’avenir, d’espoir, particulièrement au Togo qui a beaucoup d’avenir, avec la vision du Président de la République Faure GNASSINGBE.

 

 Dans quels domaines précisément ?

 

RD : Au Togo par exemple, l’Allemagne peut investir dans le domaine de l’agriculture. Elle peut également investir dans le domaine de l’éducation, des infrastructures routières. Vous savez que l’Afrique vit une carence énergétique, l’Allemagne peut investir dans l’énergie qui est un domaine important. Au Togo, l’investissement allemand est important avec la société de clinker, sachant que l’Allemagne contribue essentiellement pour la protection de l’environnement.

 

Concernant le règlement de conflits en Afrique, l’Allemagne est souvent réticent. C’est le cas par exemple avec la République Centrafricaine, une décision qui est mal vue en Afrique. Est-ce aussi votre point de vue ?

 

RD : Non. Je pense qu’au Mali, l’Allemagne a envoyé 250 soldats pour assurer la formation de l’armée malienne, ce qui est déjà important. Chaque pays a son histoire. L’Allemagne a la sienne qu’elle assume. La France aussi a son histoire. Elle a envoyé des troupes pour délivrer le peuple malien et le peuple centrafricain.

 

Mais ce n’est pas le point de vue de tous les Africains…!

 

RD : Je suis d’ accord. Mais notre point de vue, à titre personnel, et celui du Togo, est de laisser chaque pays mener sa politique. Nous encourageons l’Allemagne  à contribuer à la formation de nos armées comme ce qui est le cas aujourd’hui au Mali. L’Allemagne n’est pas présente en Centrafrique, c’est son choix que nous respectons. Mais l’essentiel n’est pas d’aller combattre à la place des Africains. Le destin des peuples africains doit être pris en compte par les Africains eux-mêmes. Nous attendons que les puissances occidentales et essentiellement  l’Allemagne,  accompagnent la vision collective de la sécurité des Africains faite par les Africains eux-mêmes. C’ est pourquoi, au sein de l’Union Africaine, nous sommes en train de mettre en place la CARIC (ndlr : Capacité Africaine de Réponse Immédiate aux Crises) qui est la capacité africaine de résolution africaine des crises.

 

Que font les pays africains pour régler eux-mêmes les crises sur le continent ?

 

R.D :Ça va prendre du temps mais lors de la dernière session du Conseil des Chefs d’ États de l’Union Africaine à Addis-Abeba, la décision a été prise de mettre en place la CARIC, la force africaine en attente. Ça veut dire que l’Afrique a désormais la volonté de résoudre ses problèmes lui-même. Je pense que c’est une force qui se mettra en place au fur et à mesure et l’Afrique pourra à un moment donné, défendre sa sécurité. C’est notre souhait. Nous sommes conscients qu’il faut du temps, nous y arriverons. Nous ne sommes pas découragés mais dès lors qu’il y a la volonté des Chefs d’États et de gouvernements africains, nous y arriverons.

 

 Mais une force sans l’aide de l’Union Européenne ou des pays occidentaux n’est pas possible en Afrique aujourd’hui. On se demande quel est en réalité le rôle de l’Union Africaine ?

 

RD : L’Union Africaine est en train de mettre en place cette force, discuter avec tous les pays qui sont volontaires pour la CARIC, c’est déjà important. Je pense qu’il ne faut pas désespérer, nous y arriverons dès lors qu’il y a la volonté politique.