L’opération de salubrité observée samedi 18 décembre 2021 dans le cadre du projet de salubrité dans les villes du Togo, a mobilisé plusieurs centaines de participants à travers le pays.
Dans la commune du Golfe1, l’opération s’est déroulée sur plusieurs sites dont le 4è Lac, vitrine de la zone portuaire. Sur ce site, se sont retrouvés environ 175 travailleurs venus de 7 quartiers de la banlieue nord de Lomé. Désherbage, balayage et ramassage d’ordures étaient au programme. Houes, coupe-coupe, râteaux etc., servaient à ce travail.
La tâche paraissait immense ; lest travailleurs progressaient difficilement gênés par l’insalubrité ambiante. « L’odeur nauséabonde provenant des lieux est irrespirable. Cela nous empêche d’avancer. Les lieux sont très insalubres. Ce matin, un travailleur s’est pris le pied dans de l’excrément humain ! C’est très dégoutant », se désole Ida Zohou, secrétaire CDQ Adakpamé-Apéyéme.
Ce témoignage est illustratif du drame environnemental qui se joue autour du 4è Lac et qui ne semble inquiéter personne.
Dans les hautes herbes qui jonchent le long du canal bordant le lac , côté Est , sont déversées à longueur de journée, toutes sortes de pourritures : déchets ménagers, sachets plastiques … Là aussi viennent déféquer sans gêne les riverains. C’est également le lieu de prédilection pour les chercheurs de ferrailles qui viennent y brûler à l’envi des pneus.
« Nous aurons beau nettoyer les lieux, si ces actes inciviques ne cessent pas, on reviendra toujours à la case départ », souligne Ida Zohou qui en appelle aux autorités municipales pour organiser la garde autour du lac. « Comme ça, dès quelqu’un vient jeter des ordures ou pour déféquer, on lui inflige une amende », propose- t-elle.
Puissent ces cris de détresse alerter les autorités municipales pour prendre ce problème à bras-le corps !
Lancé en 2017, le projet de salubrité dans les villes du Togo vise à contribuer à la salubrité, promouvoir l’hygiène et développer le vivre ensemble dans les quartiers à travers des sensibilisations, contribuer à l’accroissement de la consommation des populations ciblées.
Financé par le Programme d’appui aux populations vulnérables (PAPV), ce projet à double impact (assainissement dans les quartiers et accroissement temporaire des revenus des membres des communautés bénéficiaires), est exécuté par l’Agence Nationale d’Appui au Développement à la Base (ANADEB) en appui aux communes et comités de développement à la base ; et ceci dans le cadre du Programme de développement communautaire en zones urbaines (PDC-ZU).
En 2020, le projet a permis de mobiliser au moins 21669 personnes à chaque opération à l’échelle nationale. 598 dépotoirs sauvages ont été enlevés, 788 Km de rues balayées et désherbées, 404 Km de caniveaux curés, 729 places publiques entretenues et 83 berges de rivières ont été aménagées, avec un cumul de de 796 sensibilisations faites sur toute l’étendue du territoire Togolais.
(Photo : cendres de pneus brûlés au bord du lac)

