Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin

Bientôt la création d’une agence nationale de volontariat

Share on facebook
Facebook
Share on twitter
Twitter
Share on linkedin
LinkedIn
Share on email
Email
Share on whatsapp
WhatsApp

En juin 2013, le coordonnateur du Programme de Volontariat des Nations Unies, Richard DICTUS, avait qualifié « d’innovation » et d’exemple pour l’Afrique, le programme de volontariat national au Togo (PROVONAT). Relancé en septembre 2010, le PROVONAT vise à mobiliser les compétences humaines pour les mettre au service du développement et réduire ainsi le chômage des jeunes. La première vague des volontaires a été affectée sur le terrain en 2011. Aujourd’hui, 3530 volontaires nationaux ont été mobilisés à travers 6 vagues, et le PROVONAT se transforme en agence.

Il est indéniable que le chômage et le sous-emploi des jeunes ne sont pas des problèmes spécifiques au Togo. Mais ils constituent, au Togo comme ailleurs, un problème de sécurité nationale. Tout État qui souhaite avoir la paix et connaître le développement doit chercher à répondre prioritairement aux attentes des jeunes en matière d’emplois, donc d’améliorations de vie.

Selon la direction de la jeunesse, au Togo, l’ampleur du chômage et du sous-emploi a été accentuée par la longue crise sociopolitique qu’a connue le pays. Dans le même temps, les difficultés des entreprises ont induit une chute de l’emploi salarié pendant que la contraction de la demande nationale a réduit les opportunités d’entreprendre, donc d’auto emploi générateur de revenus, notamment en milieu urbain. 

Pour faire face à ces difficultés de chômage et en même temps instaurer une culture d’engagement civique surtout au sein de la jeunesse, le projet de promotion de volontariat national au Togo (PROVONAT) a été élaboré et lancé déjà en 2004 pour répertorier les compétences locales et promouvoir leur utilisation en tant que volontaires nationaux dans les cadre des actions visant la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Cependant, des contraintes relatives à la mise en œuvre du projet (l’inexistence d’une conception harmonisée de la notion de volontariat national ; l’absence de normes générales y afférant et l’imprécision autour du groupe cible) ont entraîné son interruption en 2007 sans produire les résultats escomptés. Les 300 jeunes diplômés recrutés et formés non pu être déployés.

Selon Arime ANALA, directeur de la jeunesse et de l’emploi des jeunes, l’interruption prématurée du premier programme de volontariat de  2004 était en partie liée à l’inexistence de textes de loi portant institution et réglementation du volontariat national au Togo.

Le 11 septembre 2011, le Ministère en charge de la jeunesse et de l’emploi des jeunes relance le PROVONAT et assure depuis lors, la tutelle.  Le  volontariat national au Togo est désormais réglementé par des textes qui lui définissent les normes et dispositions générales  ainsi que le statut des volontaires nationaux au Togo. Ces textes fixent de même, les modalités de gestion et les dispositions à prendre pour la pérennité du programme.

 Mise en œuvre du PROVONAT

Le programme de promotion de volontariat national au Togo (PROVONAT) répertorie les compétences locales et promeut leur utilisation en tant que volontaires nationaux dans le cadre des actions visant le développement économique du pays, en particulier la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). 

Dans sa stratégie de mise en œuvre, le Ministère du Développement à la Base, de l’Artisanat, de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes (MDBAJEJ), a privilégié une approche basée sur une phase pilote de 18 mois au cours de laquelle elle a mis en place les dispositifs nécessaires et a affecté 2000 volontaires.

Pour être mis en œuvre, le PROVONAT suit les processus suivants : appel à candidature pour les jeunes  volontaires, appel à candidature pour les structures d’accueil de volontaires nationaux, l’évaluation  et l’accréditation des structures d’accueil, le  test de sélection des volontaires, la formation des volontaires. C’est après ces étapes que le PROVONAT signe des conventions avec les structures d’accueil et signe les contrats de volontariat national avec les candidats retenus. Suivra ensuite, l’affectation des volontaires et leur suivi.

Le PROVONAT bénéficie de l’appui du Programme des Nations Unies pour le Développement(PNUD), du programme de volontariat des Nations Unies (VNU) et de France Volontaires.

Les avantages du PROVONAT

Le « Volontaire National » est une personne qui accepte de son plein gré une tâche, une mission, et qui s’engage à plein temps sur une période déterminée et dont les frais de subsistance sont pris en charge.

Le PROVONAT traite à la fois le problème de renforcement de l’employabilité des jeunes, d’engagement civique et de développement économique.

À travers ce programme, les jeunes ont la possibilité d’acquérir une première ou une  expérience  professionnelle de plus, tout en développant les valeurs citoyennes telles que l’engagement,  l’humilité, l’honnêteté, la solidarité,  le dévouement, le professionnalisme.

Sur un marché de travail de plus en plus exigeant, ces milliers de jeunes, pour la plupart primo demandeurs d’emplois,  s’investissent dans un volontariat qui a une fonction de premier emploi. Leurs compétences sont ainsi valorisées et en contrepartie, ils bénéficient d’une indemnité financière mensuelle.

Les expériences racontées par certains d’ entre eux et par les responsables dans les structures d’accueil prouvent sans ambigüité, le bien-fondé de ce programme dont la mise en œuvre au Togo est reconnue par les Nations Unis comme une innovation en Afrique.

Répondre aux objectifs du développement

Le PROVONAT constitue une alternative pour la création d’emploi pour les jeunes, un canal pour la promotion du civisme chez les jeunes et la valorisation du capital humain, et il a aussi l’avantage de renforcer l’employabilité des jeunes diplômés par l’acquisition de compétences et d’expériences parce que le manque d’ expériences professionnelles est l’ un des facteurs qui freine  l’ insertion des jeunes sur le marché de l’ emploi. Il permet aussi de renforcer les capacités des structures d’accueil, de contribution l’amélioration des conditions de vies des communautés, au développement du pays et à la réalisation des OMD.

Force est de constater par exemple, qu’à ce jour, depuis le début du programme, c’est le secteur de la santé qui a absorbé plus de volontaires togolais, 22 % soit 777 volontaires nationaux sur les 3350 mobilisés. Ces volontaires ont été affectés aussi bien dans les unités de soins périphériques (dispensaires, centres médico-sociaux, postes de santé, postes de protection maternelle et infantile) des zones  reculées que dans les Centres Hospitaliers Régionaux(CHR), les hôpitaux de préfectures et les centres hospitaliers universitaires (CHU) de Lomé. Le PROVONAT contribue ainsi à faire face à la pénurie du personnel soignant.

À part la santé, 19% des volontaires sont déployés dans les secteurs du développement, de l’aménagement du territoire et du genre, 18% sont dans les secteurs de l’environnement, eau, assainissement et infrastructures, 11% dans l’agriculture. 

Un exemple de volontariat en Afrique, selon les Nations Unies.

En marge des travaux de la 5ème édition de la Conférence Internationale Japonaise pour le Développement en Afrique (TICAD V) tenu à Yokohama au Japon du 1er au 03 juin 2013, le Président de la République, Faure Essozimna GNASSINGBE, a reçu Richard DICTUS, le coordonnateur du Programme de Volontariat des Nations Unies. Ce dernier a qualifié « d’innovation » le programme de volontariat au Togo.

Dans un entretien accordé à la presse notamment à Togo Réveil et repris dans les colonnes de Focus Infos, Richard DICTUS a indiqué qu’il était chez le chef de l’État pour «  féliciter le Togo et également le Président pour l’initiative du volontariat des jeunes parce que c’est vraiment une innovation ».

« Le gouvernement togolais a déjà encadré 2000 volontaires en deux ans. Maintenant nous sommes en train de mettre en place un projet similaire pour toute l’Afrique. Et naturellement dans cette situation, c’est le Togo qui est l’exemple de volontariat des jeunes gens en Afrique, encadrés par les Africains eux-mêmes »,a-t-il déclaré.

Il a poursuivi en disant que « les autorités togolaises ont pris l’initiative de créer ce programme ambitieux qui est un concept novateur en faveur de l’emploi des jeunes. Nous au Programme Volontaire des Nations Unies et avec le PNUD, nous avons soutenu avec notre expertise technique pour créer cette structure qui a connu une parfaite réussite. Nous voulons maintenant organiser des réunions avec les autres pays africains au Togo, pour préparer ce vaste projet que nous voulons en faveur de l’Afrique ». ». Il termine ses propos en disant « Nous sommes très fiers de PROVONAT ».

Vers la création d’une agence nationale de volontariat 

 3500 volontaires en 3 ans, le chiffre paraît  spectaculaire mais bien en deçà de l’ambition réelle  du PROVONAT qui entend mobiliser jusqu’ à 5000 volontaires chaque année. Le Programme doit donc se donner les moyens de ses ambitions pour réussir son pari. Et la création d’agence de volontariat national en est un, sinon le plus important. En conseil des ministres du 04 décembre 2013, le gouvernement a adopté un avant-projet de loi relatif à la modification  de la loi n 2011-001  du 17 février 2011, portant institution et règlementation du volontariat national au Togo. Selon le communiqué du gouvernement « le programme de volontariat national initié par le gouvernement togolais, a enregistré des résultats positifs. Plus de 3360 jeunes volontaires nationaux ont déjà été mobilisés et déployés au sein de 656 structures publiques et privées, mais la demande reste très forte. Face à l’accroissement des candidatures, le gouvernement va accentuer de manière significative la mobilisation des volontaires afin de faire du volontariat un véritable outil d’accélération du rythme d’atteinte des objectifs du millénaire et ceux de la SCAPE relatifs au développement du capital humain, à la protection sociale et à l’emploi. Ce projet de loi qui vise une meilleure promotion des ressources humaines dans notre pays, permettra au gouvernement et à tous les acteurs du développement, de donner toute sa place au volontariat national. » Ainsi, pour le gouvernement, « il  s’agit aussi de confier sa gestion à une agence, un établissement public administratif doté de la personnalité morale (de l’autonomie administrative et financière) afin d’assurer une pérennisation institutionnelle de l’action, la durabilité de son financement et la mise en place d’un mécanisme d’insertion efficace et approprié des volontaires Le nouveau statut permettra afin au programme de mobiliser les ressources. ».

Un volontariat pour les jeunes déscolarisés et semi scolarisés

Alors que jusque-là, c’est principalement les jeunes diplômés qui ont été sa cible, le PROVONAT prépare actuellement un programme pour les jeunes déscolarisés et semi scolarisés de 15 à 35 ans.  Ils devront travailler sur des travaux d’ intérêt général ou communautaire.

Quel avenir pour les jeunes après le volontariat ?

Le volontariat n’est pas un emploi définitif. En témoigne  le fait que le volontariat est limité dans la durée et qu’il ne ferme pas la porte aux retours de l’emploi. C’est un contrat pour une durée minimale de 6 mois et une durée maximale de 12 mois avec la possibilité de renouvellement jusqu’à 5 ans pour ceux qui le méritent. Les jeunes peuvent à tout moment résilier ce contrat. Le PROVONAT est abordé en tant qu’expérience pratique ouvrant sur une activité professionnelle ; c’est un véritable atout pour le retour de l’emploi. Le MDBAJEJ a ordonné des études pour identifier les principaux canaux devant faciliter l’insertion post volontariat des jeunes. Déjà plus de 500 jeunes ont réussi à s’insérer facilement sur le marché.

 

 

1 - Bientôt la création d'une agence nationale de volontariat
Joseph21 - Bientôt la création d'une agence nationale de volontariat