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COP22 : ce que le Togo en attend

La 22ème Conférence de la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP22) se tient à Marrakech au Maroc du 7 au 18 novembre 2016 sous le thème « COP22, COP D’ACTION »

Ce rendez-vous est attendu pour préparer et organiser la mise en marche du pacte mondial de lutte contre le réchauffement climatique dont les objectifs ont été fixés dans l’Accord de Paris.

La mise en œuvre de la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques par le Togo

Le Togo a pris part à la COP21 avec des objectifs et des ambitions reflétés dans ses Contributions Prévues Déterminées au niveau National (CPDN). En effet, notre pays entend réaliser des efforts de réduction et mettre en œuvre des actions d’adaptation qui devront nécessairement s’appuyer sur l’accord de Paris.

1- Les actions initiées depuis la COP 21 en matière d’environnement et de climat

Le Togo a amorcé le processus d’intégration de l’adaptation aux changements climatiques dans la planification de ses politiques de développement. Un plan national d’adaptation aux changements climatiques (PNACC) a été élaboré à cet effet et le document de planification a été validé au cours d’un atelier national organisé les 25 et 26 octobre 2016 et a regroupé les acteurs locaux et les secteurs concernés par les changements climatiques.

L’élaboration du document PNACC a été faite avec l’appui financier du fonds pour l’environnement mondial et du gouvernement allemand. Il a été accompagné techniquement par la GIZ. Le PNACC bénéficiera, pour sa mise en œuvre, du Fonds d’Adaptation conformément aux décisions prises pour soutenir la mise en œuvre de l’accord de Paris.

Il convient de préciser, qu’avant cet accord, des mécanismes financiers avaient été établis sous la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) pour accompagner les pays en développement et en particulier ceux les moins avancés, dont fait partie le Togo, pour mettre en œuvre des actions urgentes d’adaptation aux changements climatiques afin d’accroître la résilience des populations les plus vulnérables.

Le Fonds Vert Climat (FVC) établi depuis Copenhague et qui a fait l’objet des discussions approfondies à Paris, est destiné à financer aussi bien les questions d’adaptation que celles de l’atténuation sur une base paritaire.

Suite à la COP21 de Paris, le Ministère de l’Environnement et des Ressources Forestières (MERF) a entamé le processus de mise en place d’un cadre institutionnel sur ce fonds, conformément aux décisions de la COP21, en instituant notamment l’Autorité Nationale Désignée (AND) pour le Fonds Vert Climat et l’entité nationale de mise en œuvre ayant les capacités de mobilisation des ressources et d’accompagnement. Cette entité devra justifier d’une politique de bonne gouvernance. Ce cadre institutionnel a pour objectif de faciliter les procédures d’accès au fonds vert climat.

Pour cela, des séances d’information et de sensibilisation ont eu lieu à l’endroit des institutions potentiellement éligibles à ce mécanisme financier.

Dans le cadre du fonds vert climat pour le climat, le Togo vient de bénéficier d’un appui financier à hauteur de trois cent mille (300 000) dollars US pour se préparer à capter les fonds disponibles au niveau du Fonds Vert pour le Climat.

En vue de la mise en œuvre du PNACC, le Ministère de l’Environnement et des Ressources Forestières a également entamé le processus d’accès à l’éligibilité à d’autres mécanismes financiers. Ce qui permettra de bénéficier de trois millions (3.000.000) de dollars US pour mettre en œuvre le plan national d’adaptation aux changements climatiques (PNACC).

Aussi, sept (7) projets sont-ils en cours de préparation dans le cadre du fonds vert pour le climat. Ces projets couvrent les secteurs de l’agriculture, de l’énergie, de l’érosion côtière et de l’économie bleue. Il s’agit de :

a- Projet de relèvement du niveau de résilience des acteurs vulnérables du secteur de l’agriculture dans le nord-est et le sud du Togo (maître d’ouvrage : ministère de l’agriculture, de l’élevage et de l’hydraulique) ;

b- Projet de réduction de la vulnérabilité des communautés locales du Togo aux changements climatiques à travers l’amélioration des moyens d’existence durable (maître d’ouvrage : ministère de l’agriculture, de l’élevage et de l’hydraulique) ;

c- Projet de construction des retenues d’eau et d’adaptation aux changements climatiques (maître d’ouvrage : ministère de l’agriculture, de l’élevage et de l’hydraulique).

d- Projet 400 villages solaires (maître d’ouvrage : ministère du développement à la base) ;

e- Projet de remplacement des lampadaires et des ampoules fluo compacts par des lampes électro lumineuses par des diodes (maître d’ouvrage : compagnie énergie électrique du Togo) ;

f- Projet de réduction des risques de catastrophes et d’adaptation aux changements climatiques (maître d’ouvrage : MERF) ;

g- Projet WACA sur l’érosion côtière avec intégration de la problématique de l’économie bleue (maître d’ouvrage : MERF) :

Pour ce qui concerne la question du transfert de technologies, le Togo vient de signer son deuxième plan de réponse avec le Centre et Réseau de Technologies Climatiques (CRTC), pour l’élaboration et la mise en œuvre des projets d’adaptation et d’atténuation aux changements climatiques dans les secteurs de l’agriculture, des ressources en eau, de l’énergie et des transports.

Un système national de mesures, notification et vérification (MNV) sera instauré suite à la mise en place d’un arrangement institutionnel adéquat pour assurer la transparence dans les actions et les appuis.

2- La politique nationale en matière d’environnement  

Le Togo a amorcé le processus d’intégration de l’adaptation aux changements climatiques et dispose d’une politique nationale de l’environnement (PNE). Adoptée le 23 décembre 1998, cette politique définit un cadre d’orientation global pour promouvoir une gestion saine de l’environnement et une gestion rationnelle des ressources naturelles. Les orientations stratégiques de la politique nationale de l’environnement sont axées sur :

 La prise en compte des préoccupations environnementales dans le plan de développement national ;

 La suppression et/ou la réduction des impacts négatifs sur l’environnement des programmes et projets de développement publics ou privés ;

 L’amélioration des conditions et du cadre de vie des populations.

Cette politique vise :

 L’évaluation environnementale des projets de développement ;

 La promotion de technologies industrielles respectueuses de l’environnement et la gestion rationnelle des déchets industriels ;

 La surveillance et le contrôle de rejets de matières polluantes dans l’atmosphère, dans les eaux et dans les sols ;

 L’inclusion des coûts environnementaux dans les paramètres décisionnels.

Cette politique a été actualisée depuis 2011 pour prendre en compte les questions émergentes, notamment celles liées aux changements climatiques.

Les attentes nationales dans la perspective de la COP22

1- Que l’entrée en vigueur de l’accord de Paris jette les bases pour des actions concrètes allant dans le sens de l’adoption de nouveaux modèles de développement économique qui permettent de réaliser les ambitions du point 13 des objectifs du développement durable, notamment en favorisant des politiques de développement sobres en carbone et résilients aux changements climatiques ;

2- Qu’une attention particulière soit accordée à l’initiative africaine sur les énergies renouvelables soumise lors de la dernière conférence de Paris et destinée à fournir 10 GW d’énergies renouvelables d’ici 2020 et 300 GW d’ici 2030 ;

3- Que les divers appuis fournis aux pays en développement sous forme de ressources financières, de transfert de technologies et de renforcement des capacités soient en adéquation avec les besoins réels de ces pays afin de leur permettre de mettre en œuvre leurs stratégies, plans, programmes et mesures de développement à faibles émissions de carbone et résilients aux changements climatiques, étant entendu qu’un appui renforcé en faveur de ces pays leur permettra de prendre des mesures plus ambitieuses ;

4- Que les décisions de la COP22 tiennent compte des besoins urgents et immédiats des pays en développement qui sont particulièrement vulnérables aux effets néfastes des changements climatiques ;

5- Que les conclusions de la COP22 reconnaissent les efforts d’adaptation des pays les plus vulnérables en tenant pleinement compte de leurs besoins d’adaptation aux changements climatiques ;

6- Soutien accru aux pays en développement, et en particulier ceux les plus pauvres et les plus vulnérables, dans leurs efforts d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques ;

 

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