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Crise dans l’éducation : les écoles touchées par les violences seront fermées, les auteurs poursuivis

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Les établissements scolaires touchés par les actes de violences perpétrés par  les élèves manifestants seront fermés jusqu’au retour du calme et les auteurs de ces actes, enseignants comme élèves, seront poursuivis conformément aux lois de la république. Ceci est une décision du gouvernement rendue publique hier vendredi, 06 décembre  2013 au cours d’une conférence de presse tenue conjointement par  Florent Maganawè  ministre des Enseignements primaire et secondaire et El Hadj Bouraïma Diabacté, ministre de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle.

Dans une déclaration faisant le point sur les négociations engagées avec les syndicats, le gouvernement, par la voix des ministres Maganawè et Diabacté,  condamne les comportements des enseignants qui, en réaction contre les précomptes sur salaires correspondants aux 5 jours de grève du mois d’octobre, « incitent les élèves à  manifester pour les soutenir… menacent les élèves … en prétendant  qu’ils les interrogeront sur les chapitres non étudiés en classe ou qu’ils donneront des sujets d’examen relatifs aux cours non faits ».

Le gouvernement par ailleurs invite les enseignants à respecter la fiche pédagogique qui précise les programmes de l’année  scolaire ; rappelle qu’il veillera à ce qu’aucun élève ne soit interrogé sur des cours qui ne sont pas faits et invite les élèves à la retenue , à la discipline  et au respect de l’ordre public.

Quant aux parents d’élèves, le gouvernement leur demande de tout mettre en œuvre pour appeler leurs enfants au calme  afin de garantir un bon déroulement de l’année scolaire.

Pour rappel, depuis le début de cette semaine, le monde scolaire connaît une recrudescence des mouvements de rues organisés dans certaines localités et villes du Togo, par des élèves qui protestent contre la décision des enseignants de considérer les cours des jours de grève comme faits. Les manifestants investissent les établissements non touchés par les mouvements, y délogeant leurs camarades qui suivent les cours, occasionnant parfois des violences.

Lire ci-dessous l’essentiel de la déclaration rendue publique au cours de la conférence de presse

POINT SUR  LES NEGOCIATIONS

Le 20 Novembre 2013 a eu lieu au cabinet du ministère des enseignements primaire et secondaire, à l’initiative des fédérations des syndicats de l’enseignement, une réunion du Cadre Permanent de Concertation (CPC), la douzième depuis le début  des négociations.

A cette rencontre, les fédérations prenant acte de  l’impossibilité pour le Gouvernement d’améliorer la prime d’incitation à la fonction enseignante, ont fait une proposition alternative  conditionnant l’acceptation de la proposition du Gouvernement par :

 

–         un engagement à inscrire sur le budget 2015, au titre des primes et indemnités du corps enseignant, au moins 40% de la base indiciaire du  plafond de chaque catégorie ;

–         le règlement définitif de la question des enseignants du confessionnel ;

–         le règlement du problème des mutations punitives des délégués et représentants syndicaux d’enseignants.

 

Pour le Gouvernement, cette proposition devra être  étudiée par ses services techniques et faire l’objet de discussions au cours des prochaines rencontres du CPC et dans le cadre du statut particulier du corps enseignant, l’urgence étant de finaliser d’abord l’accord sur la prime d’incitation à inscrire au budget 2014.

Malheureusement, la rencontre a pris fin sans que les deux parties ne s’accordent sur la formulation d’un  accord séance tenante.

Il fut convenu que les fédérations proposent un texte d’accord pour le lendemain jeudi 21 novembre 2013. Ledit texte ne viendra que le vendredi 22 novembre 2013 à 17h. Il contenait une nouvelle revendication qu’il fallait évaluer après avoir eu les données du ministère de la Fonction publique et de celui de l’Economie et des finances.

Le vendredi 22 Novembre, le Gouvernement a convié les Fédérations à une nouvelle  rencontre. Au cours de celle-ci, le Gouvernement leur a demandé de lever le mot d’ordre de grève afin de  permettre la poursuite des négociations dans la sérénité pour parvenir à un consensus

Nous en étions là quand le lundi 25 novembre 2013, l’Union des Syndicats de l’Education du Togo (USET) a unilatéralement déposé un préavis de grève daté du samedi 23 novembre 2013 pour  les 28 et 29 Novembre 2013 avant que les autres Fédérations ne lui emboitent le pas le mardi 26 novembre.

Les observateurs du monde scolaire ont pu constater que ce préavis de grève a été diversement appliqué.

En effet, le lundi 25 novembre déjà, des enseignants de l’USET bravant les dispositions relatives à l’exercice du droit de grève et en contradiction avec leur propre mot d’appel à la grève, sont entrés en grève en organisant des sit-in ou des marches notamment à Dapaong, à Sokodé et à Sotouboua. Interpelés sur les faits, les responsables de cette fédération ont promis rappeler leurs camarades à l’ordre.

Les 28 et 29 novembre 2013, la grève a été diversement suivie dans certaines localités de notre pays.

Le samedi 30 novembre 2013, lors de son Assemblée générale synchronisée, tenue dans toutes les régions, l’USET a invité tous les enseignants à considérer les cours qu’ils devaient dispenser les jours de grève comme fais. Ceci, en réaction contre l’application des dispositions règlementaires en vigueur, notamment le décret n°91-167 du 31 mai 1991 organisant l’exercice du droit de grève dans les services publics ; l’application de ce décret a eu pour conséquence les précomptes sur salaire correspondants au nombre de jours de grèves soit au total 5 jours pour le mois d’octobre 2013.

Depuis lundi 02décembre 2013, suite aux messages envoyés à partir de téléphones mobiles, appelant à « zapper » les cours, quelques enseignants sont passés à l’acte et plus grave, ont demandé aux élèves de sortir dans la rue ; restant dans une certaine logique qui consiste à entrer en classe et refuser de continuer les chapitres commencés ou des cours à faire sous prétexte que vu le prélèvement subit pour raison de grève, ces chapitres ou cours sont considérés comme faits. Ils incitent ensuite les élèves à manifester pour les soutenir. Ils menacent les élèves au mépris de la déontologie du métier et des règles élémentaires de la pédagogie, relative à la progression normale des cours et au système d’évaluation des connaissances en prétendant qu’ils les interrogeront sur les chapitres non étudiés en classe ou qu’ils donneront des sujets d’examen relatifs aux cours non faits.

 

POSITION  DU GOUVERNEMENT

  Le Gouvernement condamne fermement ces comportements incompatibles avec la déontologie de la profession enseignante.

Appelle les enseignants à respecter la fiche pédagogique, qui précise les programmes et la chronologie dans laquelle ils doivent être exécutés.

Rappelle qu’il veillera à ce qu’aucun élève ne soit interrogé sur des cours qui ne sont pas faits.

Invite les élèves à la retenue, à la discipline et au respect de l’ordre public en les rassurant qu’aucune épreuve d’examen ne sera donnée sur des chapitres non étudiés préalablement.

Demande aux parents d’élèves de tout mettre en œuvre pour appeler leurs enfants au calme pour garantir un bon déroulement de l’année scolaire en cours.

 

DECISIONS DU GOUVERNEMENT

Tous les établissements où sont constatés ces dysfonctionnement graves seront fermés jusqu’au retour du calme.

Tous les auteurs de ces actes, enseignants comme élèves, feront l’objet de poursuite conformément aux lois de la république.

(Photo : les ministres Magnawè et Diabacté  face à la presse)