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Débat public du Conseil de Sécurité de l’ONU: le Togo invité

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Le Conseil de sécurité des Nations Unies a organisé le 25 avril 2016  à New York, à l’initiative de la  République Populaire de Chine, qui assure la présidence du mois du Conseil ainsi que  de l’Angola et du Sénégal, un débat public sur le thème : « Consolidation de la paix en Afrique de l’Ouest : piraterie et vols à main armée en mer dans le Golfe de Guinée ».

Ce débat public est consécutif aux nombreuses initiatives prises au niveau des instances régionales et internationales pour faire face  à la recrudescence des actes de piraterie et de vols à main armée dans le Golfe de Guinée.

Les membres du Conseil de sécurité, dans leurs interventions, à l’instar du Sous-Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, Monsieur Tayé-Brook ZERIHOUN, qui a fait un exposé de la thématique, ont relevé la recrudescence des actes de piraterie et de vols à main armées et réaffirmé  la nécessité de :

  • Poursuivre la mise en œuvre des décisions adoptées par le Conseil de  sécurité et   promouvoir  les  stratégies  de sécurité  maritime  régionales et internationales;
  • Renforcer les capacités des pays de la région dans le domaine de  la  sécurité  maritime;
  • Renforcer le  rôle  des  organisations  régionales  et  sous régionales dans la répression de la piraterie et des vols à main armée en mer en mettant l’accent sur la  coordination et la coopération de toutes les parties prenantes;
  • Renforcer la prévention de façon à écarter ou réduire la menace que la  piraterie  et  les  vols  à  main  armée  en  mer  font  peser  sur  la  paix   et  la sécurité régionales;
  • Mettre en œuvre une politique globale pour aider  les  pays  de  la  région  à  éliminer  la  pauvreté  et  à  promouvoir  le développement économique.

Etant donné qu’il est à  l’avant-garde de la lutte contre des actes illégaux de tout genre en mer en Afrique de l’Ouest et tenant compte du rôle qu’il a joué au cours de son dernier mandat au Conseil de sécurité, le Togo a été spécialement invité à ce débat public.

Dans son intervention après celles des quinze membres du Conseil de sécurité, Son Excellence Professeur Robert DUSSEY, Ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération et de l’Intégration Africaine, a salué cette initiative qui vient renforcer l’ensemble des actions entreprises par la communauté internationale pour lutter contre ce fléau qui met à mal non seulement la stabilité des Etats, mais aussi et surtout leurs efforts de développement.

Tout en réaffirmant l’engagement du Togo dans cette lutte, le Ministre a invité l’ensemble des participants à se mobiliser autour de son pays pour assurer la réussite du Sommet extraordinaire de l’Union Africaine sur la sécurité et la sûreté maritimes et le développement en Afrique, qui se tiendra à Lomé le 15 octobre prochain qui donnera l’opportunité d’examiner les stratégies de lutte contre les actes criminels en mer et de promotion de l’économie bleue. Le Professeur DUSSEY a, en outre, fait observer que la rencontre de Lomé aboutira à la signature et à l’adoption  d’une charte contraignante sur la sécurité et la sureté maritimes et le développement.

Véritable texte juridique contraignant, le projet de Charte de Lomé prend d’ores et déjà en compte les préoccupations exprimées par le Conseil de sécurité dans ses résolutions 2018(2011), 2039(2012) et  2184 (2014) par lesquelles il recommandait de prendre des mesures idoines et efficaces pour juguler ces fléaux, selon le Ministre des Affaires Etrangères.

En outre, la Charte sera une contribution à la mise en œuvre de la Stratégie africaine intégrée pour les mers et les océans (Stratégie AIM 2050), dans la mesure où elle met en relief l’importance de la coopération régionale et internationale contre la piraterie maritime, les trafics illégaux de tout genre transitant par la mer, la pêche illicite non déclarée et non réglementée et la pollution de l’environnement marin.

Il est donc souhaitable, selon le Ministre DUSSEY, que ce texte juridique puisse être adopté pour  permettre aux Etats africains d’accroître l’efficacité de la surveillance de leurs espaces maritimes et côtiers, grâce aux échanges et au partage d’informations ainsi qu’au renforcement de leur coopération en matière d’entraide judiciaire, dans le cadre des poursuites contre les auteurs présumés de ces actes.  Cet Instrument juridique, qui vient compléter le cadre normatif régional existant, permettrait également aux Etats africains de stimuler leur croissance économique par la création d’emplois le long des côtes africaines à travers notamment la promotion de la pêche artisanale et la commercialisation des produits de pêche aux plans national, sous-régional et international, a ajouté le Ministre des Affaires Etrangères, le Professeur DUSSEY.

Il y a lieu de relever, par ailleurs, que tous les Etats membres du Conseil de sécurité  ont, unanimement,  apporté leur soutien au Sommet de Lomé, qui donnera l’opportunité de mettre en place  une architecture de défense,  de sécurité et de sûreté maritime en Afrique.

A l’issue des débats, les membres du Conseil de sécurité ont adopté une Déclaration Présidentielle qui réaffirme l’engagement de la communauté internationale à participer aux côtes des Etats du Golfe de Guinée,  à la lutte contre les actes de piraterie et de vols à main armée en mer dans le Golfe de Guinée.