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Emploi des jeunes : 127 243 emplois crées entre 2008 et 2013 pour 12 milliards FCFA investis

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S’il est un domaine où  il existe  des  désaccords sur le bilan des actions qui s’y réalisent, c’est bien celui de l’emploi des jeunes. Au Togo, la demande d’emploi est de plus en plus forte. A cela , une seule raison:  une frange importante de la population du pays est jeune. Selon le recensement de 2010,  2 073 000 Togolais ont l’âge compris entre 15 et 35 ans.

Des  efforts ont été faits  pour faire face à cette situation. Les recrutements sectoriels et périodiques organisés dans la fonction publique et dans certaines institutions parapubliques comme dans l’éducation et la santé ces dernières années constituent, parmi tant d’autres, un signe de la volonté du gouvernement d’inscrire la question de l’emploi des jeunes au cœur de ses préoccupations.

Parallèlement,  le secteur  privé a absorbé  un  nombre   non négligeable de jeunes en quête d’emploi.

Sur un autre plan, des initiatives ont été lancées par le gouvernement en vue de renforcer l’employabilité, de promouvoir l’auto emploi des jeunes et faciliter l’insertion des  jeunes qualifiés. Il s’ agit des programmes projets tels que l’ Aide à l’ Insertion et au Développement de l’  Embauche (AIDE), le Programme de Volontariat National ( PROVONAT) , le  Fonds d’ Appui aux Initiatives Économiques des Jeunes ( FAEIJ), le  Projet d’ Appui à l’ Insertion Professionnelle des Jeunes Artisans  ( PAIPJA), le projet de Soutien aux Activités Économiques des Groupements (PSAEG), le Projet Plantes à Racines et Tubercules ( PRT)etc. Dans la pratique, ces efforts du gouvernement togolais ont permis la création d’au moins 127 243 emplois dont 13 079 permanents et 114 164 emplois temporaires entre 2008 et 2013 au Togo avec  un financement d’environ 12 milliards de francs.  Les financements accordés aux principaux programmes visant l’emploi des jeunes (AIDE, PROVONAT, FAIEJ et PAIPJA) ont été multipliés par 3 passant de 1.5 milliards environ en 2012 à près de 5 milliards en 2013.

D’ après le ministère en charge de l’emploi des jeunes, en 2014, ces programmes et projets seront poursuivis et renforcés. D’ailleurs, dans cet élan, le Fonds d’Appui aux Initiatives Économiques des Jeunes(FAEIJ) qui promeut et soutient l’entrepreneuriat des jeunes comme une réponse au problème de chômage, envisage mobiliser en 2014, au moins 1 milliard 900 millions pour renforcer les capacités des jeunes en techniques de création et de gestion d’entreprises, de  sensibiliser 20 000 jeunes en entrepreneuriat et de financer 2000 projets d’entreprises des jeunes. À travers 2000 jeunes accompagnés c’est 6000 emplois qui seront ainsi crées.

Stratégie  du gouvernement pour la lutte contre le chômage au cours des  5 prochaines années

Au-delà des exemples susmentionnés, comment le gouvernement envisage- t-il la lutte contre  le chômage et le sous-emploi dans les cinq années à venir ?

Après une longue période caractérisée par des cycles de stagnation et de récession liée à plus de quinze ans de crise socio politique, l’économie togolaise est marquée, durant les huit dernières années (2005 à 2012), par des signes d’une reprise progressive. Ainsi, le taux de croissance économique, qui a été en moyenne de 2,4 % sur la période 2005 à 2007, malgré une interruption liée à la crise alimentaire mondiale de 2008 ( taux de croissance de 1,1%), s’est progressivement et de manière régulière engagé sur une trajectoire ascendante jusqu’ à atteindre 5,9 % en 2012.

Si cette performance économique est louable, son impact sur les conditions économiques et sociales des populations est resté limité. Malgré des améliorations enregistrées en termes de réduction du niveau de la pauvreté par rapport à l’année 2006 (61, 7% contre 58,7% en 2011), à cette situation globalement précaire est adossé un taux de chômage et du sous-emploi au Togo relativement très élevé (respectivement 6,5% et 22,8% en 2011, soit un total de 29,3%).

Au nombre des chômeurs (plus de 117 000) qui s’est accumulé durant plus d’une décennie 90 caractérisée par de faibles niveaux d’ investissement et de croissance économique, s’ est ajouté le développement d’ un secteur informel, laissé jusque-là à lui-même, dont le niveau de sous-emploi apparait aujourd’hui une pesanteur quant à la création d’ emplois décents et durables.

Il apparait aussi que la frange de la population jeune potentiellement active (15 à 35 ans) souffre encore davantage du double phénomène de chômage et de sous-emploi. Ainsi, les statistiques de 2011, indiquent que le taux combiné des deux phénomènes chez les jeunes s’établit à 28, 6% (contre 29,3% pour l’ensemble de la population) à raison d’un taux de chômage de 8,1 % ( contre 6,5 % pour l’ ensemble de la population) et d’un taux de sous-emploi de 20,5% (contre 22,8% pour l’ensemble de la population).

Les statistiques de 2011, comparativement à celles de 2006, aussi bien au niveau de la population globale que des jeunes, indiquent un léger frémissement à la baisse (moins de 1%) des taux de chômage et de sous-emploi sur la période 2008-2012. Rien que pour le chômage, le nombre supplémentaire de jeunes entrants sur le marché de travail (près de 31 500 par an) serait légèrement en dessous de nouvelles offres d’emplois (33 000 par an sur la période considéré). Cependant, sur un stock de demande totale d’emplois jeunes de 1 422 457 sur la période 2008-2012, l’offre totale d’emplois des secteurs d’activités n’est que 1 305 460, soit un écart de près de 117 000 jeunes équivalent à 3,7 fois la capacité » d’offre d’emplois jeunes actuelle de l’économie.

D’ une part, cette tendance à la baisse du niveau générale de chômage et de sous-emploi observé les cinq dernières années constitue sans nul doute un des effets positifs de la relance de la croissance économique liés à une reprise de l’investissement tant public que privé, particulièrement sur la période 2008-2012. D’ autre part, la tendance à la baisse du niveau de chômage et de sous-emploi est la résultante d’un certain nombre d’actions initiées de manière volontariste par le Gouvernement en vue de préparer et d’appuyer les jeunes dans la recherche et l’acquisition d’emploi durables et décents.

Ainsi, le volume des investissements au Togo en 2012, était évalué par la Direction de l’Économie à environ 21, 6% du PIB, soit de l’ordre de 433 milliards de FCFA dont 168,7 milliards de FCFA du secteur public (8,43 % du PIB) et 264,3 milliards de FCFA du secteur privé (13,21% du PIB).

Partant du constat de l’expérience d’un lien quantitativement établi au niveau international entre l’investissement et la croissance, on peut estimer que, pour se hisser au niveau du développement souhaité, le Togo devrait rapidement accroitre sensiblement le niveau de ses investissements pour atteindre, dans un horizon moyen, un taux global d’investissement de 25 à 30 % du PIB par rapport à l’horizon 2017.

Ainsi, il apparait qu’un des défis auxquels le Gouvernement aura à faire face est d’ordre macro-économique, d’une part (plaidoirie et mobilisation de financements) ; et organisationnel, d’autre part (capacité d’impulsion et de coordination).

Sur le plan opérationnel, les jeunes en quête d’emplois sont souvent confrontés à divers types de problèmes auxquels le Gouvernement tente d’apporter  des réponses appropriés en mettant en place des programmes et projets en vue.

Selon une analyse diagnostique réalisée en 2011, la grande majorité (soit 69,7% des jeunes sans emploi en milieu urbain et 81, 0% des jeunes en milieu rural) sont en quête d’emploi depuis plus de (05) cinq ans.

Il s’est révélé après analyse approfondie des données de cette étude, que les problèmes qui se posent, vont au-delà de l’inadéquation formation emploi. Le manque d’expérience (contrainte d’employabilité), l’insuffisance de structures, de mécanismes et de moyens pour la promotion et à l’appui à des initiatives auto-emploi, ainsi que le manque de ressources suffisantes et prédictibles dédiées à ce secteur, freinent l’expansion et la mise à échelle des initiatives mises en place par le Gouvernement.

Divers projets en rapport avec la promotion de l’employabilité, de l’auto emploi et de l’aide à l’insertion professionnelle des jeunes, et de l’appui d’initiatives économiques des jeunes ont été conçus et mis en œuvre en vue de répondre aux besoins des jeunes en quête d’ emplois. Les actions menées ont, dans la majorité des cas, une portée positive et déterminante sur l’avenir professionnel des jeunes. Sur une période de cinq ans, le nombre de bénéficiaires directs de ces projets est évalué à 28 000 de jeunes, pour un volume de financement de l’ordre 24, 5milliards de FCFA.

Cependant, diverses contraintes ont été relevées par une évaluation institutionnelle de ces projets et programmes. Il s’agit notamment de la faible capacité de la plupart de ces projets et programmes à porte l’appui à une échelle suffisamment large pour créer l’effet de masse critique. La logique étatique trop dominante risquerait de conforter les jeunes bénéficiaires dans une logique de dépendance, d’incertitudes quant à la pérennité des résultats atteints, voire de certains projets très dépendants  exclusivement ou presque exclusivement des ressources publiques.

Principaux axes stratégiques

Dans le cadre de la mise en œuvre de sa « Stratégie de Croissance Accélérée et de Promotion de l’Emploi » (SCAPE) 2013-2017, le Gouvernement entend adopter le présent « Plan Stratégique National pour l’Emploi des Jeunes (PSNEJ) », afin de donner une impulsion nouvelle à ce secteur combien capital dans la réussite des politiques engagées en matières de création de richesses et d’inclusion sociale.

Le PSNEJ part des expériences et de leçons qui se dégagent des efforts récents du Gouvernement en matière de promotion de l’emploi.

Le premier type de réponse que le gouvernement compte apporter est d’ordre macro-économique et organisationnel.

Pour pouvoir réaliser ses ambitions d’accélération de la croissance et de réduction sensible du taux de chômage et de sous-emploi il s’est avéré un besoin de mettre en place une plateforme multi acteurs de plaidoirie et de mobilisation de financement ainsi que de politiques attractives des investissements et incitatives aux affaires. Sur ce plan, le diagnostic établi indique que des efforts complémentaires devront être déployés en vue notamment d’améliorer davantage le climat des affaires au Togo, afin d’attirer plus d’investissements, de consentir plus de ressources à des domaines plus générateurs d’emplois, et d’améliorer les performances en matière d’utilisation et d’absorption des ressources publiques. L’objectif est d’arriver à maintenir, voire même améliorer le niveau de mobilisation des investissements tant publics que privés jusqu’à atteindre plus de 20% de taux d’investissement par rapport au PIB ; soit de l’ordre de 700 à 850 millions $ EU. En ce sens, le secteur privé devrait pouvoir investir autour de 460 et 560 $ EU par an, soit 2/3 de l’investissement souhaité, à l’horizon 2017. Le résultat escompté serait de réduire le taux de chômage et de sous-emploi des jeunes de 28,65% en 2013 à 24,3% en 2017.

Dans la même ligne d’idées, il s’est avéré que la qualité de la gouvernance du secteur emploi des jeunes dépendra d’une part, de la capacité d’impulsion et de coordination des différentes interventions dans le secteur de l’emploi des jeunes et d’autre part, de la capacité des administrations dans tous les secteurs concernés de formuler et de mettre en œuvre des politiques appropriées favorables à créer de manière efficace et durable des emplois décents en faveur des jeunes.

Cela concernera les volets adéquation emploi formation, l’évaluation et l’ajustement des mécanismes de facilités existants (tel que la zone franche) , en vue de les rendre plus performants en matière de création d’emplois ainsi que la promotion de nouveaux mécanismes de partenariat avec le secteur privé, la promotion de mécanisme d’intervention à  haute intensité de main d’œuvre dans tous les plans sectoriels d’investissement du pays , assortis de mécanismes de suivi-évaluation.

C’est par rapport au premier type de défis (macro-économique et organisationnel) que le premier axe de la PSNEJ a été défini. L’axe 1 « plaidoirie et promotion de politiques sectorielles de qualité intégrant l’emploi des jeunes » préconise la mise en œuvre du concept de « COALITION POUR L’EMPLOI DES JEUNES » qui a été développé en 2012 avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD- Togo).

Les autres défis à lever dans le cadre de la mise en œuvre du PSNEJ sont de type opérationnel. Ils sont couverts par 4 axes (axe 2à5). À travers cette série d’axes, il s’agit de doter les programmes et projets du ministère en charge de l’emploi des jeunes de moyens suffisants pour renforcer, porter à l’échelle et pérenniser les actions ou impact des actions initiées en matière d’employabilité, d’auto-emploi et d’aide à l’insertion socioprofessionnelle des jeunes.

Dans le cadre de l’axe 2 relatif à l’ « amélioration de l’employabilité des jeunes » l’objectif est de développer les compétences des jeunes demandeurs d’emplois à travers le renforcement des capacités d’intervention du Programme de Volontariat National (PROVONAT). Le principal résultat escompté es t d’évoluer d’un statut d’une unité de gestion à une agence. Le nombre de jeunes recrutés dans le cadre de PROVONAT d’environ passerait d’environ 3 900 en 2013 à 15 000 en 2017.

L’axe 3 vise le « renforcement de la capacité à l’auto-emploi ». À travers cet axe, il s’agit de favoriser le développement de la culture entrepreneuriale et l’emploi indépendant chez les jeunes, mais également de relever les défis auxquels ils font face dans la création de leurs micro-entreprises. Il est envisagé de créer 1 000 PME d’ici 2017 grâce aux Fonds d’investissement national autonome (FINA) dont la mise en place est prévue dans l’axe 5.

L’axe 4 concerne la « diversification, la reconversion et la réduction du sous-emploi ». il vise à résoudre le problème de compétences des jeunes, à favoriser le développement d’emplois alternatifs, et à prendre en compte la situation des jeunes sans qualification souvent oubliés dans les différents programmes jusqu’ici mis en œuvre.

L’axe 5 concerne le renforcement de la « promotion de l’accès au financement des jeunes ». Sous cette rubrique il s’agira de mettre en place un mécanisme innovant de financement (Fonds d’Investissement National Autonome-FINA) permettant de lever es ressources plus abondantes et prévisibles et de renforcer les capacités d’intervention du FAEIJ et de l’ANPGF en matière d’appui des initiatives économiques des jeunes, y compris l’appui aux PME/PMI. Au total, l’ambition est d’arriver à créer au moins 1000 PME/PMI en l’espace de cinq ans.

Un sixième axe est consacré au volet « Pilotage, coordination, planification et suivi évaluation ». C’est sous cet axe que seront articulés la préparation des politiques et des outils d’impulsion à soumettre au Gouvernement, le financement des études et des reformes du secteur, l’organisation et la circulation de l’Information et le travail de suivi-évaluation des actions menées par différents acteurs ainsi que de leurs impacts et résultats.

Mise en œuvre

La mise en œuvre de ces six orientations stratégiques devrait coûter environ 40 milliards de FCFA pour la période 2013-2017(et 110 milliards avec la prise en compte du FINA et du Programme National Pour la Promotion de l’Entreprenariat Rural) et vise à faire passer le taux de chômage et de sous-emploi des jeunes de 28,6% à 20,6% au moins à l’horizon 2017. Le financement proviendrait du secteur privé, de partenaires au développement et de l’État.