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Faure Gnassingbé en Israël : pour quels enjeux ?

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Le Président de la république togolaise, Faure Gnassingbé, effectue du 7 au 11 août une visite officielle en Israël. Deuxième du genre, après celle de novembre 2012, cette visite intervient dans un contexte d’intensification des relations entre les deux pays et ce sur tous les plans.

Elle intervient également à un moment où l’Etat d’Israël manifeste un intérêt effectif pour la coopération avec les Etats Africains. En effet, le Premier Ministre Israélien a effectué récemment une tournée en Afrique. Il s’agit de la première visite d’un responsable de ce rang de l’Etat d’Israël en Afrique depuis 1966.

La Visite du Président de la République, articulera les rendez-vous politiques (entretien avec le Président de la République, le Premier Ministre et les responsables du Ministère des Affaires Etrangères), économiques (visites d’entreprises notamment dans le domaine des technologies de l’information) et sécuritaire.

Plusieurs visites de sites historiques et culturels mais aussi de réalisations dans le domaine socioéconomiques sont également prévues (centres de formation ; hôpitaux ; infrastructures économiques).

Le Chef de l’Etat est accompagné dans cette visite par plusieurs membres du gouvernement togolais.

Togo-Israël : une coopération vielle de 56 ans                                                                        

Convaincus de la nécessité et des avantages de la coopération sud-sud, l’Israël et le

Togo entretiennent depuis longtemps des relations d’amitié et de fraternité, au grand bonheur de leurs deux peuples. La coopération entre les deux pays remonte en effet au début des années 1960 et s’est véritablement renforcée à partir de 2005 où la diplomatie togolaise a amorcé un nouveau tournant avec l’arrivée au pouvoir de Son Excellence Monsieur Faure Essozimna Gnassingbé qui, dans sa stratégie de diversification des partenaires du Togo, a orienté sa vision vers les pays émergents en faisant de la coopération sud- sud un levier du développement.

Dès lors, les deux Etats se sont résolument engagés dans un partenariat fondé sur l’entraide mutuelle et la promotion développement socio-économique et politique.

CADRE JURIDIQUE DE LA COOPERATION ISRAELO TOGOLAISE

Les relations bilatérales entre le Togo et l’Israël ont pour fondement, un certain nombre de textes qu’il convient de mentionner.- Accord commercial signé le 03 juillet 1961 à Jérusalem ;

– Accord de coopération technique signé le 14 août 1961 à Lomé ;

– Accord de coopération signé le 12 avril 1964 à Jérusalem ;

– Accord de coopération culturelle signé à Jérusalem le 12 avril 1964 ;

– Traité d’amitié signé le 12 avril à Jérusalem ;

– Echanges de lettres relatives aux visas d’entrée et de sortie sur les passeports diplomatiques et de service signé le 09 mai 1965 à Jérusalem ;

– Accord portant création de la Grande Commission Mixte de coopération Israël- Togo signé le 18 décembre 1990 à Jérusalem ;

– Accord de coopération économique, scientifique, technique, culturelle et sociale signé le 18 décembre 1990 à Jérusalem.

DOMAINES ET PROJETS DE COOPERATION

Les domaines de coopération entre le Togo et l’Israël ont été clairement définis lors de la première session de la grande commission de coopération Togo-Israël tenue à

Jérusalem du 16 au 18 décembre 1990. A l’issue de cette session, il a été convenu de mettre l’accent sur les secteurs prioritaires et mutuellement avantageux pour les deux Parties notamment :

– agriculture et développement rural ;

– santé publique ;

– éducation et enseignement supérieur ;

– science et technologie ;

– économie nationale et relations commerciales ;

– développement communautaire, protection et promotion sociale ;

– intégration de la femme au processus de développement.

Il convient de noter que de 1990 à 2009 la coopération entre les deux pays a connu une certaine léthargie due aux aléas de la vie politique internationale. Ce n’est qu’en 2009 que cette coopération a pris un nouvel élan avec la visite de haut niveau effectuée, en mai 2009, par le Premier Ministre togolais Gilbert Houngbo, qui s’était rendu à cette occasion au salon Agritech de Tel Aviv.

A partir de cette visite, la coopération entre le Togo et l’Israël s’est véritablement illustrée dans le domaine agricole ainsi que celui de l’éducation et du renforcement des capacités.

  1. a) Relance de la coopération agricole

En vue d’intensifier les relations entre les deux Parties, une mission interministérielle s’est rendue en Israël, à la suite de trois (03) visites d’une délégation israélienne au Togo en décembre 2011, mars et mai 2012, afin de se familiariser avec les nouvelles technologies agricoles, notamment en matière de maîtrise de l’eau et de l’irrigation parfaitement adaptées à la configuration des cultures au Togo et dont les Israéliens ont une expertise reconnue.

A l’issue de cette mission de formation en Israël, des projets ont été élaborés en vue du renforcement de la coopération agricole entre le Togo et Israël.

Il s’agit des projets intitulés:

– Promotion de l’agriculture familiale au niveau des groupes vulnérables de

Koumbéloti dans la préfecture de l’Oti ;

– Projet de production maraîchère en aval du barrage de Dalwak à Dapaong ;

– Projet d’accompagnement des jeunes professionnels formés en Israël dans leur installation ;

– Renforcement des capacités in situ et e-Learning en nouvelles technologies de maîtrise de l’eau.

Une mission de reconnaissance de sites s’est déroulée au mois de novembre 2012, suivie de celle des experts israéliens pour la formulation finale des projets à la mi- novembre 2012.

La mise en œuvre de ces projets a permis aux populations bénéficiaires de :

– promouvoir des systèmes d’irrigation et spécifiquement le goutte-à-goutte qui rend l’agriculture moins tributaire des pluies, mais aussi permet une utilisation rationnelle de l’eau ;

– adopter des semences maraîchères performantes aux conditions agro- climatiques et au coût accessible ;

– valoriser le maraîchage à l’échelle nationale en vue de réduire les volumes d’importations qui agissent sur le PIB et de contribuer à l’autosuffisance alimentaire ;

– prendre conscience de la nécessité de bien gérer l’eau en vue de créer la richesse.

Par ailleurs, les deux Parties ont élaboré un plan d’action sur une période de trois (03) ans relatif à la formation en Israël des jeunes et des femmes togolais. Pour l’année

2012, un programme spécial de formation pratique en Israël de quinze (15) jeunes togolais issus des écoles d’agriculture pour une période de onze (11) mois, a été exécuté de façon satisfaisante.

  1. b) Le soutien d’Israël à la formation des étudiants et cadres togolais

En matière de coopération scientifique, le Gouvernement israélien octroie régulièrement aux étudiants, aux chercheurs et aux agents de l’administration togolaise des bourses d’études dans les domaines de l’enseignement supérieur, de la coopération interuniversitaire, de la recherche scientifique, de la médecine et de l’agriculture.

 

LES PERSPECTIVES DE LA COOPERATION ISRAELO TOGOLAISE

La coopération israélo-togolaise est de nouveau très active. Pour corroborer cette relance de la coopération entre les deux pays le Chef de l’Etat, Son Excellence Faure Gnassingbé a effectué le 26 novembre 2012 une importante visite en Israël à l’occasion de laquelle les deux dirigeants ont réaffirmé leur volonté de s’entraider mutuellement.

En vue d’accompagner cette volonté manifeste des Hautes autorités des deux pays, il est important de lever tous les obstacles qui entravent cette coopération en vue d’en tirer le meilleur profit.

Pour le Gouvernement togolais, il est important que le transfert de technologie ou de connaissance entre israéliens et togolais se concrétise et que les projets soumis dans le domaine agricole se réalisent en vue de permettre aux populations togolaises d’atteindre l’autosuffisance alimentaire.

Des visites de haut niveau devraient être organisées en vue d’imprimer une nouvelle dynamique à cette coopération.

A cet égard, il est impérieux que les travaux de la Grande Commission Mixte de

Coopération Israël-Togo reprennent, dans les meilleurs délais possibles, en vue de soutenir le processus de relance de la production agricole entrepris par le

Gouvernement togolais à travers son ambitieux Programme National d’Investissement Agricole et de Sécurité Alimentaire (PNIASA) qui permettra aux populations d’atteindre l’autosuffisance alimentaire, et à terme, de constituer un grenier agricole au bénéfice des pays de la sous-région.

QUESTION DE LA PALESTINE ET DE JERULASEM

Concernant la question la Palestine et de Jérusalem, le Togo a toujours gardé une position qui répond aux idéaux de la communauté internationale. Il s’agit d’une position équilibrée se résume ainsi : reconnaissance et sécurité pour Israël en échange de la création d’un Etat palestinien.

En réalité, le Togo s’est toujours aligné sur la position de l’Union Africaine qui prône la coexistence de deux Etats vivant en paix et se reconnaissant mutuellement. La seule voie pour parvenir à cette solution est de nature pacifique et à ce titre le Togo a toujours condamné avec force le terrorisme qui menace non seulement Israël mais aussi toute l’Afrique.

S’agissant du statut d’Etat non membre observateur accordé par l’Assemblée générale des Nations Unies à l’Autorité palestinienne, le Chef de l’Etat togolais a estimé que ce vote n’était pas de nature à faciliter une reprise des pourparlers directs entre Israéliens et Palestiniens, prévus par les accords d’Oslo. Selon lui, le débat, la concertation et l’esprit de compromis doivent inspirer les négociateurs plutôt que les affirmations unilatérales.

En clair, le Togo souhaite que les négociations parviennent à un accord définitif avec les palestiniens garantissant une paix durable dans la région et la sécurité pour Israël.

 

QUELQUES DONNEES ECONOMIQUES DE L’ISRAEL

L’économie israélienne repose sur des fondamentaux solides. Ses bons résultats s’expliquent notamment par une gestion prudente de la politique conjoncturelle du pays. Elle est également le résultat d’une spécialisation efficace : véritable « économie de l’innovation », Israël est devenu une puissance technologique, leader dans le domaine des TIC, de l’informatique, des nanotechnologies, de la santé ou encore des technologies « propres ».

En 2014, la croissance économique s’est établie à 2,8%, soit un niveau à la fois supérieur à la croissance de sa population et à celle de la plupart des pays de l’OCDE

(1,7% en moyenne). Le taux de chômage, proche du plein-emploi, a été ramené de

6,2% de la population active en 2013 à 5,9% en 2014 (ce taux s’élevait à 5% au mois de mai 2015).

Le stock d’investissements directs étrangers en Israël s’est établi à 87,9 milliards de dollars fin 2013, soit une augmentation de 15% par rapport à 2012 et de 26,7% par rapport à 2011. Le stock le plus important est investi dans le secteur de l’information et de la communication (17,6%), la production d’ordinateurs et de matériel électronique et optique (13,6%), dans la R&D (13,1%). En 2013 le flux d’IDE entrants était de 11,8 milliards de dollars (contre 8,1 en 2012). 20,3% des investissements étaient consacrés au secteur de l’information et de la communication.

En ce qui concerne les échanges commerciaux, Israël poursuit une politique de libéralisation. Les droits de douane moyens y sont relativement faibles, et la majorité des échanges s’effectuent en application d’accords de libre-échange. Certaines catégories de produits, en particulier dans le secteur agroalimentaire, restent cependant fortement protégées.

(Photo : le Chef de l’Etat à son arrivée en Israël)