4410 primo demandeurs d’emploi mobilisés et seulement 394 embauchés, c’est le résultat de la phase pilote du programme d’Appui à l’Insertion et au Développement de l’Embauche (AIDE) après 5 ans de mise en œuvre par l’Agence Nationale pour l’Emploi (ANPE).
Dans un entretien à manationtogo. com, M. Koudjo Akossi, directeur général de la Nouvelle Entreprise Akossi (NEAK), l’une des entreprises partenaires du programme, donne les raisons, qui selon lui, expliqueraient la faiblesse de ces chiffres. Le DG de NEAK propose par ailleurs, la création d’un business bank qui devra permettre aux entreprises de résoudre l’épineuse question de financement, pour ainsi les inciter à embaucher plus de jeunes après leur stage.
Manationtogo.com : Parlez-nous brièvement de votre entreprise
Koudjo Akossi : Créée en juin 2001 à Tchifama, préfecture de Blitta sous l’appellation Akossi et fils et agréée en 2009 sous n° 039825-MCPSPP, n° 090876, MLE 21563 à la CNSS, la Nouvelle Entreprise Akossi (NEAK) est située à Atakpamé quartier SADA, sur la nationale N°1.
En dehors du commerce général, elle forme les démunis et aide les jeunes diplômés sans emploi à bénéficier de formations diverses afin d’acquérir des expériences professionnelles pouvant leur permettre d’être compétitifs sur le marché de l’emploi. Elle est également une entreprise de construction et de vente de matériaux de construction. NEAK est en outre spécialisée dans la fabrication de toutes sortes de meubles avec l’étiquète made in Togo.
Par-dessus tout, l’entreprise se fixe comme objectifs d’offrir de l’emploi aux chômeurs et une formation adéquate à la jeunesse togolaise ; générer des fonds, créer la richesse et réduire la pauvreté.
Mtg.com : Vous êtes l’un des partenaires du programme AIDE mis en œuvre par l’ANPE ; à ce jour, combien de stagiaires avez-vous reçus et combien en avez-vous embauchés?
K.A : Depuis 2011, NEAK a reçu au total quinze (15) stagiaires et en a embauché deux (2).
Mtg.com : Que sont devenus ceux que vous n’avez pas pu garder ?
K.A : Parmi les stagiaires que nous n’avons pas pu garder, certains ont eu la chance d’être embauchés dans des banques, sociétés, institutions et services. Par exemple : M. POBO, gestionnaire comptable ayant été affecté à NEAK en 2011-2012 a été engagé à ECOBANK et est actuellement en service à l’agence d’Atakpamé ; M. AGBOKA Komitsè, chauffeur de NEAK de la même promotion, a été embauché à l’hôtel SARAKAWA et devenu chauffeur du DG dudit hôtel ; M. AGLEBE Koffi, secrétaire de NEAK a trouvé un poste à l’INAM d’Atakpamé ; M. DJANDJAGOUME Bardja, secrétaire de NEAK, promotion 2013-2014, a été retenu par l’ambassade des USA au Togo et est actuellement un fonctionnaire international ; M. EKPE Komlavi, comptable de NEAK de la même promotion a eu la chance de gagner à loterie visa ; M. AKOLI Komlavi , comptable, également de la même promotion, a été engagé par la CNSS; M. AKAKPO Komi gestionnaire comptable de NEAK, promotion 2014-2015 a gagné également à la loterie visa.
D’autres sont à la recherche d’un emploi. La chance leur sourira aussi, j’en suis sûr.
Mtg.com : Selon le bilan de la phase pilote du programme AIDE, après 5ans de mise en œuvre, le programme a mobilisé environ 40000 jeunes et seulement près de 4000 ont pu être embauchés comment expliquez-vous la faiblesse de ce résultat ?
K.A : La faiblesse de ce résultat, selon moi, est due au manque de moyens financiers pour les entreprises qui ne peuvent engager plus de stagiaires ; le coût très élevé des taxes et impôts pour les entreprises ; le non accompagnement de l’Etat aux entreprises.
Par ailleurs, les taux pratiqués par les banques et institutions de micro finance, sont très élevés au Togo, ce qui nuit aux entreprises.
Mtg.com : Selon vous qu’est ce qui doit être fait pour permettre aux entreprises d’engager plus de jeunes après leur stage ?
K.A : L’Etat togolais doit créer une banque (business bank) spécialement pour les entreprises. Cette banque devra permettre aux entreprises de bénéficier des financements à un taux forfaitaire de 1%, afin d’augmenter leurs chiffres d’affaires.
Ensuite, l’Etat doit diminuer les taxes et impôts pour les entreprises nationales. Enfin l’école au Togo doit être orientée vers la formation professionnelle afin de permettre à la jeunesse togolaise tout entière d’être compétitive sur le marché de l’emploi.

