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Interview/ M. Prosper Houenou , Directeur Général par intérim du Fonds National de la Finance inclusive

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” Si ce fonds se met correctement en place, on verra l’impact tout de suite”

Toucher en 5 ans, environ deux millions de bénéficiaires en termes de créations d’emplois, des activités génératrices de revenus, des micros, très petites, petites et moyennes entreprises, c’est l’objectif du Fonds National de la Finance Inclusive (FNFI). Il s’agit en fait d’un  mécanisme mis en place par le gouvernement, par décret pris en conseil des ministres,  pour renforcer les capacités financières et opérationnelles  des prestataires de services financiers dont les institutions de micro-finance et de les rendre plus aptes à faire face à la demande des citoyens qui n’ont pas accès au système de micro finance classique.

Dans l’interview ci-dessous qu’il a accordée au site du Ministère du Développement à la base, M. Prosper Houenou, Directeur Général par intérim du FNFI nous en dit plus sur le Fonds.

 C’est quoi exactement Fonds National de la Finance Inclusive ?

Le Fonds National de la Finance Inclusive est un instrument financier  mis en place par le gouvernement togolais pour régler les questions de l’exclusion financière. Seulement 20% de nos populations sont touchées par les institutions de microfiance. Il existe une large frange de la population qui est solvable mais qui n’a pas accès à des services financiers de base. Voilà pourquoi le fonds national de la finance inclusive a été mis en place pour régler ces questions d’exclusion financière.

Est-ce que cela veut dire que le gouvernement veut ouvrir la microfinance, le microcrédit à tous les togolais ?

Cela veut dire que tous les Togolais qui sont de bonne foi, qui exercent une activité et qui sont parfois accompagnés par des projets de développement à la base et qui souhaitent avoir accès à des services financiers de base pour améliorer leurs conditions de vie, peuvent avoir du microcrédit. Il y a aussi l’épargne, les services de transfert, les services de micro assurance. Mais il s’agit de faire en sorte que le microcrédit, en particulier, puisse toucher nos agriculteurs, les artisans, les jeunes qui ont leurs premiers projets et qui sont sorti des écoles et tous les autres agents de la société qui veulent véritablement avoir accès à des services financiers de base. C’est en définitive la finance accessible à tous.

Quand le gouvernement ambitionne aujourd’hui de permettre à tous les Togolais d’avoir accès aux services financiers, est ce que ce n’est pas une boîte à pandore qu’il est entrain d’ouvrir ?

D’abord, le gouvernement a conduit une réflexion globale qui tient compte des erreurs du passé. Ce qui est prévu, c’est de faire en sorte que les principes et mécanismes mis en place puissent baliser la voie pour éviter d’éventuelles erreurs dans le futur. Ce n’est pas du tout une boîte de pandore, dans la mesure où le principe premier, c’est bien le principe du +faire-faire+. Le fonds se sert des instruments financiers qui existent déjà sur le terrain, que ce soit les banques, les institutions de micro finance pour que par leur canal le microcrédit et les autres services financiers de base puissent parvenir à tout le monde.

Comprenez-vous pourquoi les prestataires de services financiers ont été réticentes jusqu’à ce jour à accorder du crédit aux populations qui sont jugées vulnérables et marginalisées?

Il y a trois contraintes que les institutions relèvent. La première contrainte est celle liée aux ressources. Les institutions financières disent souvent qu’elles n’ont pas les ressources adaptées pour aller en milieu pauvre, car pour faire du crédit en milieu pauvre, il faut beaucoup de ressources parce qu’il faut agir à une grande échelle. Donc, cette première contrainte est réglée par le fonds.

La deuxième contrainte que règle le fonds est celle de la sécurité des opérations en milieu rural et dans les milieux reculés. Il va être mis en place un fonds de garantie conçu sur un mécanisme professionnel. Lorsque le fonds de garantie n’est pas bien conçu, l’emprunteur se dit qu’il y a un fonds de garantie et donc il ne rembourse pas son crédit.

Le préteur se dit également il y a un fonds de garantie et donc ne fait pas toutes les diligences depuis l’étude du dossier jusqu’au suivi du crédit pour que celui-ci soit remboursé. C’est tout cela que l’on veut éviter en mettant en place des fonds de garantie professionnels qu’on devra compléter avec un fonds de facilitation qui permettra aux banques de refinancer abondamment le secteur de la microfinance . Les banques ne pouvant pas être directement présentes dans les milieux reculés.

Est-ce que ces mécanismes permettent de rassurer aujourd’hui les prestataires de services financiers ?

Cela doit les rassurer d’autant plus que le troisième élément qu’il faut considérer, ce sont les appuis institutionnels à ces institutions de microfinance et autres prestataires de services financiers de manière à ce qu’elles crédibilisent leur propre existence. Déjà, leurs plans d’affaires, les systèmes de gestion qui sont utilisés, le système d’octroi de crédit seront accompagnés par le fonds pour rendre ces institutions crédibles. Ensuite, les institutions sont poussées à faire de la finance qui n’exclut pas. L’ambition, c’est de faire de la banque mobile au Togo, accorder des crédits sans épargne préalable.

En tant qu’expert ayant travaillé à la mise en route du FNFI, comment entrevoyez-vous l’impact de ce fonds sur les populations à la base ?

Les autorités ont permis que cet instrument se mette en place dans les manières les plus diligentes. Si ce fonds se met correctement en place, on verra l’impact tout de suite. Au bout d’un an, on sentira que ce fonds est capable de doper le secteur de manière à faire ce que les institutions financières n’ont pu faire en cinq ans. Il existe certainement une forte propension du fonds à créer de l’effet et un impact important sur la capacité de nos populations à avoir accès à des services financiers de base et à pouvoir améliorer leurs conditions de vie.

En photo ; Prosper Houenou ; Directeur General par intrérim du FNFI.

 

Propos recueillis par E.K. / transcrits par Kévin Dassa