Rechercher des solutions durables aux problèmes des réfugiés ghanéens au Togo et vice versa, tel est l’objectif d’une réunion tripartite tenue ce vendredi 20 décembre 2013 à Lomé , entre une délégation ghanéenne, les autorités togolaises en charge de la question des réfugiés et le Haut Commissariat des Nations Unies aux Réfugiés (HCR) Ghana –Togo.
En effet, suite aux conflits interethniques et cycliques au Ghana, des réfugiés ghanéens ont été enregistrés au nord -Togo dans les régions Centrale et de la Kara (préfecture de Dankpen et Soutouboua ) et dans la région des Savanes (Préfecture de Tandjouaré). Arrivée au Togo entre 1982 et 1994, ces réfugiés, compte tenue de leur affinité ethnique, ont été facilement absorbés par la communauté d’accueil grâce à un programme d’intégration locale mis en place par le HCR et ses partenaires opérationnels. Aujourd’hui ils sont au nombre de 8463, selon la dernière vérification effectuée entre septembre et octobre 2013 par le HCR. 99% d’entre eux ont exprimé leur vœu d’être définitivement intégrés au Togo. « Cependant le fait qu’ils ne jouissent pas de reconnaissance officielle les expose à terme au risque d’apatridie », s’inquiète le représentant résident du HCR au Togo.
De 2010 jusqu’en 2012, d’autres vagues de réfugiés ont à nouveau été enregistrées pour des raisons similaires essentiellement liées aux disputes foncières entre groupes ethniques rivaux. Ces groupes de réfugiés vivent dans la préfecture de Tandjouaré et sont aujourd’hui au nombre de 9283 selon un dernier recensement du HCR. Ils ont eux aussi majoritairement manifesté leur intérêt pour l’intégration locale. Compte tenue de leur arrivée récente au Togo, le HCR continue de les assister à travers un programme d’intervention multisectoriel qui prend en compte l’éducation, la santé, les abris, les projets générateurs de revenus ainsi que l’eau et l’assainissement.
Par rapport à ces réfugiés ghanéens en général « le HCH proposerait qu’ils soient reconnus formellement d’une part, et que le gouvernement togolais examine l’opportunité de les naturaliser surtout pour le premier groupe qui a clairement exprimé le souhait de rester définitivement au Togo et qui y séjourne paisiblement et sans interruption depuis deux décennies », suggère-le représentant résident du HCR au Togo.
Du côté ghanéen, environ 4000 réfugiés togolais, qui n’ont pas manifesté le désir d’être rapatriés, vivent encore dans ce pays suite aux troubles sociopolitiques qu’a connus le Togo ces dernières années. « Considérant le fait que le climat politique s’est beaucoup apaisé au Togo et que le processus démocratique est en marche, il est nécessaire qu’on explore les différentes opportunités pour la recherche de solutions durables », a indiqué le patron du HCR au Togo.« Pour sa part, le HCR souhaiterait que différentes options soient examinées pour ce groupe … en explorant prioritairement la possibilité d’intégration locale au Ghana avec la délivrance des cartes de séjour gratuitement et les mécanismes d’accompagnement du côté togolais en délivrant les cartes d’identité mais aussi le rapatriement volontaire », déclare le représentant résident.
(Photo : Table d’honneur à l’ouverture de la rencontre)
Franck

