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Les raisons de l’annulation du processus électoral du bureau du Conseil National de la Jeunesse

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Le vendredi 21 Février dernier un arrêté du Ministère du Développement à la Base, de l’Artisanat, de la Jeunesse et de l’emploi des Jeunes, faisait écho de l’annulation du processus électoral ayant conduit à l’élection du nouveau bureau du Conseil National de la Jeunesse (CNJ).

Cet arrêté  qui a entrainé la dissolution du bureau issu de l’élection du 20 Janvier dernier  fut diversement interprété par les différents acteurs et journalistes intéressés par la problématique de la jeunesse au Togo. C’est pour donner les véritables raisons qui ont milité en faveur de l’annulation de ce processus que Monsieur Arime Telata ANALA, Directeur la Jeunesse par intérim (en photo)  a répondu à certaines préoccupations de la presse togolaise ce matin.

Voici l’intégralité de son interview.

Quel lien existe-t-il entre le Conseil National de la Jeunesse (CNJ) et le Ministère du Développement à la Base, de l’Artisanat, de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes ?

Je voudrais pour répondre à votre question, vous rappeler que le Conseil National de la Jeunesse (CNJ) a été créé par décret (N° 2008- 048 / PR  / du 7 Mai 2008). Le premier article de texte qui crée le CNJ dispose que le conseil est placé sous la tutelle du ministère du Développement à la Base, de l’Artisanat, de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes. Cette disposition confère donc au ministère un pouvoir contrôle et  un droit de suivi de tout ce qui regarde le fonctionnement et la gestion du CNJ. Vous pourrez lire ce que signifie ‘’Tutelle’’ en matière de droit administratif pour juger de la légitimité de la décision du ministère.

Quelles ont été les véritables raisons qui ont  milité en faveur de l’annulation du processus de renouvellement des instances du CNJ ?

Le processus de renouvellement des instances du CNJ  a été émaillé de nombreuses irrégularités et des cas graves de fraudes que l’on ne saurait cautionner.

Tout au long du processus le ministère a reçu beaucoup de plaintes aussi bien des jeunes eux-mêmes que des observateurs du processus. Ces plaintes faisaient état d’irrégularités et de fraudes depuis la phase d’enrôlement des associations membres et surtout au niveau de la phase de renouvellement des instances dans les préfectures et régions.

Les investigations menées par les services compétents (sollicités par le ministère) ont non seulement confirmé ces irrégularités et fraudes mais aussi révélé leur ampleur et leur gravité. Sur cette base le ministère assurant la tutelle a pris ses responsabilités pour remettre de l’ordre en prenant un arrêté pour annuler le processus.

Il convient de préciser que le rapport d’investigation a été partagé avec les membres du bureau exécutif sortant du CNJ et ceux de la commission nationale de renouvellement le 22 Janvier dernier au cours d’une séance présidée personnellement par madame le ministre. A cette occasion, tous ont reconnu et attesté qu’il y avait effectivement eu des cas de fraudes et des irrégularités notamment :

  • Faux mandats (faux et usage de faux): cas précis dans la préfecture du golfe (7 mandats émis de la même machine avec des noms d’associations fictives préalablement insérées dans le fichier  et des cachets électroniques imprimés en couleur en lieu et place de cachets frais). En plus les jeunes porteurs des mandats n’ont aucune idée de l’association qu’ils représentent.
  • Associations fictives (le fichier électoral qui a été constitué comportait  un lot important d’associations fictives)
  • Election de responsables résidents
  • Interprétation diversifiée des textes qu’on soit au nord ou au sud (les deux sous-commissions ont eu deux façons différentes d’interprétations des textes notamment le code électoral, les statuts et le règlement intérieur du CNJ.

 

Que répondez-vous à ceux qui estiment que c’est parce que la tête du président élu au congrès du 20 janvier ne plaît pas au ministère que le processus a été annulé ?

A partir de la situation que je viens d’exposer vous comprenez aisément que l’histoire d’un président élu  qui ne plairait pas au ministère est simplement une diversion, qui de toute façon n’ébranle en rien la détermination du ministère à faire en sorte que les jeunes qui souhaitent incarner ou représenter notre jeunesse soient des jeunes suffisamment responsables, épris d’un minimum de valeurs morales et éthiques.

Je voudrais d’ailleurs vous informer que M. Kolani lui-même a été le premier à porter à la connaissance de l’autorité son intention de démissionner affirmant reconnaître l’ampleur des irrégularités et s’estimant très embêté par le profond malaise que la situation a créé. – Souffrez que je n’entre pas dans les détails.

En plus avant la publication du communiqué  d’annulation du processus, il y a eu un cas de démission.

Le processus est désormais annulé, quelles sont les perspectives ?

Le processus sera repris. D’ores et déjà, des consultations sont menées en direction des associations les plus représentatives de la jeunesse en vue de mettre en place un comité ad ’hoc chargé de conduire ce nouveau processus. Il s’agira principalement de procéder à un audit pour assainir le fichier des associations inscrites ou accréditées par le bureau exécutif sortant du CNJ ; de travailler sur les .textes actuels qui régissent le CNJ pour les rendre plus inclusif et favoriser une meilleure gouvernance de l’institution, d’établir un chronogramme pour la reprise du processus de manière beaucoup plus transparente, fiable et impartiale dans bref délai.

Je voudrais saisir cette opportunité pour rassurer tous les jeunes ressortissants d’associations quant à la reprise rapide du processus. C’est vrai que c’est une situation assez déplorable mais, il n’est nul doute que la décision du ministère vise essentiellement à favoriser une meilleure gouvernance du CNJ.