Au Togo selon les résultats de l’EDS 2013 – 2014, 9% des femmes de 25–49 ans ont été mariées avant d’atteindre l’âge de 15 ans et plus de 3 femmes sur 10 (32%) étaient déjà mariées avant 18 ans. Le tableau de bord de la protection de l’enfant au Togo de 2012 montre que sur 1081 cas d’enfants victimes de mariages précoces recensés, 10,6% étaient des garçons et 89,4% des filles.
Ce phénomène inquiète les autorités qui multiplient les initiatives pour son éradication. C’est dans ce cadre que s’est tenu hier mardi 1er mars à Lomé, un forum national.
Organisé après les consultations régionales sur le même sujet qui se sont tenues en décembre 2015, ce forum national a rassemblé plus de 60 participants dont les préfets des chefs-lieux de régions, les chefs traditionnels et religieux du Togo, les responsables des différentes confessions religieuses, les partenaires techniques et financiers, les directeurs régionaux de l’action sociale, les acteurs des organisations de la société civile, les enfants. Le forum a permis l’adoption d’un engagement additionnel à la déclaration des chefs traditionnels et religieux de Notsé de 2013 en vue d’accélérer les efforts pour lutter contre le mariage précoce.
Dans son allocution de circonstance, la Ministre de l’Action Sociale, de la Promotion de la Femme et de l’Alphabétisation, Madame Tchabinandi KOLANI YENTCHARE a indiqué que cette rencontre visait principalement à : susciter un débat national et des échanges pouvant contribuer à l’objectif de mettre fin aux mariages des enfants au Togo; mener une réflexion approfondie sur la question du mariage précoce à travers les recommandations issues des consultations régionales afin de définir les stratégies de lutte contre le phénomène.
Pour le représentant de l’UNICEF au Togo, Dr Isselmou BOUKHARY, « le mariage des enfants est une priorité pour l’UNICEF, notamment en Afrique de l’Ouest et du Centre où ce problème persiste à grande échelle. » .
« Il faut imaginer ce que cela signifie en termes d’enfances perdues et d’avenirs brisés. Nous devons nous unir pour mettre fin à cette pratique et expliquer aux familles les conséquences tragiques de ce phénomène. » , a-t-il ajouté.
Selon l’UNICEF, dans les pays en développement, 1 fille sur 3 est mariée avant l’âge de 18 ans, et 1 fille sur 9 est mariée avant d’avoir 15 ans, parfois dès l’âge de huit ou neuf ans. Dans un rapport récent, publié en novembre 2015 à l’occasion du Sommet organisé par l’Union africaine sur ce sujet en Zambie, l’UNICEF signale que si la tendance actuelle se poursuit, le nombre total de filles mariées pendant leur enfance en Afrique passera de 125 millions à 310 millions d’ici 2050.
L’Union africaine a lancé en mai dernier une campagne à l’échelle du continent pour mettre fin au mariage d’enfants en Afrique. Elle a été suivie d’un plan d’action. Conformément à cette initiative de la Commission de l’Union Africaine qui est soutenue par les Chefs d’Etat et de Gouvernements et les Premières Dames, les autorités togolaises en collaboration avec les partenaires au développement, notamment l’UNICEF, et la société civile, intensifient des actions multiformes pour venir à bout de cette problématique dans le pays.
Ainsi, des consultations régionales ont été tenues, le 14 décembre 2015 à Atakpamé, Sokodé et à Dapaong avec les chefs traditionnels et religieux ainsi que des représentants de diverses confessions religieuses autour de la problématique du mariage des enfants, en lien avec la célébration de la journée de l’enfant africain édition 2015, placée sous le thème «25 ans après l’adoption de la Charte Africaine des Droits et du Bien-être de l’Enfant : Accélérons nos efforts pour éliminer les mariages des enfants en Afrique ».
Le forum national a coïncidé avec l’apothéose des consultations régionales sur le mariage des enfants. A la fin de ce forum, les participants ont signé un document en complément à la déclaration de Notsé, document qui est axé sur le mariage des enfants et par lequel ils s’engagent à:
- Sensibiliser les fidèles des diverses confessions religieuses, les parents et les communautés sur les conséquences du mariage des enfants et l’importance de l’acte de naissance ;
- Dénoncer les cas avérés et faire prendre des sanctions contre les auteurs.
La déclaration de Notsé est l’engagement pris par les chefs traditionnels et religieux le 14 Juin 2013 en vue d’éliminer les pratiques sociales et culturelles préjudiciables aux enfants au Togo.
Au cours de cette cérémonie, Madame la ministre en charge de la protection de l’enfance a exhorté le public à respecter ces engagements dans l’intérêt supérieur des enfants dans toutes les communautés, et a remercié et félicité ces différents groupes ayant œuvré à la signature de ce texte additionnel.
(Photo: Ministre en charge de l’Action sociale)
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