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Mme Ekoué Dédé: “Le gouvernement travaille à renforcer la lutte contre les violences basées sur le genre”

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En marge de l’atelier de lancement de la campagne de vulgarisation des argumentaires religieux et traditionnels pour un renforcement de la lutte contre les violences basées sur le genre, la ministre de l’Action Sociale, de la Promotion de la Femme et de l’Alphabétisation, Mme Ekoué Dédé Ahoéfa, s’est confiée à manationtogo.com. La stratégie du gouvernement pour lutter contre ces violences, les acquis de cette lutte… , sont autant de sujets abordés dans cet entretien.

 

Manationtogo.com: Bonjour Excellence! Pourriez-vous nous faire un état des lieux des violences basées sur le genre au Togo?

Mme Ekoué Dédé: Les violences basées sur le genre, d’emblée, il faut le préciser, sont particulièrement faites sur les femmes qui subissent des violences physiques, psychologiques, économiques. Les violences physiques dont elles sont victimes sont les plus dramatiques car mettant en danger la santé, leur capacité à développer des activités productives et surtout à éduquer leurs enfants. Ces violences affectent directement et indirectement les enfants et se caractérisent le plus souvent par des problèmes de concentration que l’on observe chez ces enfants du fait des violences infligées à leurs mamans et qu’ils vivent au quotidien. Ces violences ont donc un impact sur tous les domaines de notre vie, qu’il soit familial, social ou économique, ce qui nécessite une réaction car on parle des atteintes aux droits humains, aux droits des femmes et des enfants également. Ces violences existent partout dans le monde et sont récurrentes au Togo, ce qui interpelle notre attention.

mtg.com Quelles sont les stratégies mises en place par le gouvernement pour résorber de manière efficiente ce fléau ?

Mme E.D: Le gouvernement travaille à renforcer la lutte contre les violences basées sur le genre et surtout envers les femmes , violences qui deviennent de plus en plus banalisées, ce qui n’est pas pour arranger la situation ; à cet effet, un dispositif légal a été mis en place par le Togo. Il faut donc retenir qu’il y a des lois qui sanctionnent des types de violences ; les actes de viol sont par exemple réprimés avec rigueur ; les abus physiques et l’insecte ne sont pas en marge de cette répression. Nous disposons donc d’une panoplie de lois qui sanctionnent des violences. A côté de cela, on a aussi le dispositif opérationnel qui consiste à apporter un appui immédiat aux victimes de ces violences. Le Togo dispose aujourd’hui des centres d’écoute qui permettent d’écouter la femme, de lui prodiguer des conseils et de voir dans quelle mesure on peut la référer à des ONG et des organisations de la société civile qui peuvent aussi contribuer à les soutenir. Nous avons également en dehors de ce mécanisme d’appui aux victimes un outil majeur qu’est la sensibilisation parce que tous les acteurs doivent l’être sur l’importance de veiller à la protection des droits de la femme, de lutter contre ces violences ; nous faisons donc ce travail de sensibilisation vis-à-vis de la communauté tout entière à commencer par les femmes elles-mêmes, les familles, les jeunes,… Nous sensibilisons aussi les services de santé, les forces de sécurité, l’action sociale et surtout les religieux, ce qui d’ailleurs, nous rassemble actuellement pour la vulgarisation des argumentaires religieux et traditionnels. Nous essayons donc de mobiliser toutes les forces vives de la nation afin de résorber ce problème qui gangrène notre société.

mtg.com : Cette lutte acharnée porte-t-elle ses fruits?

Mme E.D: Notre croisade contre les violences basée sur le genre porte des fruits mais il faudrait en même temps relever que le fléau a du mal à être endigué. On note ces derniers temps une persistance de ces violences. On veut donc à travers cette vulgarisation travailler à ce qu’un des leviers de la société représenté par les religions et les coutumes se mettent en branle pour justement participer à cette lutte. Oui, la lutte porte des fruits, mais c’est également une course contre la montre car pendant que d’autres sont sensibilisés et renoncent à ces pratiques, il y en a d’autres qui continuent de bon cœur ; c’est pour dire non à cela que les religions sont fortement mobilisées et les argumentaires chrétiens, musulmans et traditionnels que nous évoquons aujourd’hui sont des instruments qui permettent de renforcer nos capacités à stopper ces violences. Il s’agit de ne plus laisser qui que ce soit excuser les violences faites aux femmes sur la base des alibis religieux.

mtg.com :Un mot à l’endroit des victimes de ces violences !

Mme E.D: A l’endroit des femmes qui subissent ces types de violences, nous leur demandons de se rendre le plus tôt possible dans nos centres d’écoute, contacter le service d’action sociale, les forces de sécurité afin de dire non à la violence car la subir en silence, c’est encourager le fléau. Il faut donc dire non en dénonçant ; je profite du créneau pour dire un sincère merci à toutes les bonnes volontés qui soutiennent la lutte contre les violences basées sur le genre ; c’est le lieu de renforcer la sensibilisation tout autour de nous et de faire encrer dans les mentalités que violenter une femme est mauvais ; c’est la meilleure arme que nous avons car ces violences laissent parfois des marques indélébiles.

mtg.com: Excellence madame la ministre, merci!

Mme E.D:C’est moi qui vous remercie