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Mme Patricia ADJISSEKU, Secrétaire générale de l’UJIT : « Je crois à la parité Homme-Femme dans le paysage médiatique togolais»

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Le jeudi 21 Août dernier, l’Union des Journalistes Indépendants du Togo (UJIT) , à travers son organe technique OTIFEM (Observatoire Togolais pour l’Image des Femmes des Médias) , a organisé une journée d’échanges et de partage autour du thème « Femmes, médias, développement ». En marge de cette rencontre, qui s’inscrit dans le cadre de la célébration de la journée de la femme africaine et dont les échanges ont tourné autour du travail des femmes des médias et leur contribution au développement, nous avons eu un entretien avec Mme Patricia ADJISSEKU, première femme secrétaire générale de l’UJIT. Elle nous parle de la place de la femme journaliste dans l’espace médiatique togolais, le rôle de la femme de média dans le développement du pays et de l’image de la femme dans les productions audiovisuelles et publicités.

Manationtogo.com : Dites- nous madame, à quel souci répond l’organisation de cette journée d’échanges et de partage ?

Mme Patricia ADJISSEKU : Cette rencontre se situe dans le cadre du prolongement de la célébration de la femme africaine le 31 juillet dernier. Nous avons voulu marquer cette célébration en la différant aujourd’hui. Nous avons voulu la célébrer entre femmes journalistes autour du thème « Femmes, médias, développement ». Femme, en tant qu’actrice de développement, femme en tant que journaliste, son apport pour le développement du pays et son image dans les médias.

Justement, quelle explication donnez-vous au thème retenu pour cette rencontre ?

C’est pour dire, à travers le thème « Femmes, médias, développement » que nous, en tant que femmes, nous exerçons le métier de journaliste mais comment l’exerçons-nous ? Est-ce que nous sommes seulement là comme journalistes pour aller sur les lieux de reportage ? Ou bien nous sommes des femmes journalistes pour produire des dossiers, pour apporter une contribution au développement du pays? Parlant de développement, il y a par exemples des domaines comme l’éducation ou encore la santé. En tant que femmes, est-ce que nous faisons de petits dossiers pour apporter un changement à une situation ? Donc ensemble nous allons penser à cette situation en notre qualité de femmes journalistes.

Selon vous, quelle est, aujourd’hui, la place de la femme journaliste dans l’espace médiatique togolais ?

Je peux dire que c’est maintenant acceptable en ce sens qu’avant, le métier est très masculinisé. Surtout en nous référant au matériel de travail utilisé dans le temps à savoir la Nagra qu’on porte et qui est très lourd. Mais aujourd’hui, nous avons nos enregistreurs et le métier n’est plus trop masculinisé car il y a des femmes qui se dirigent beaucoup vers le métier de journaliste. Parler de la femme dans l’espace médiatique togolais, je dis encore que c’est acceptable mais…. Oui, il y a un grand « mais »  en ce sens qu’en tant que femme, occupons-nous postes de responsabilité ? Ou bien nous sommes seulement là pour laisser les hommes prendre ces postes de responsabilité et nous plaindre après ? Nous devons œuvrer pour occuper des postes de responsabilité et montrer toutes nos capacités et démontrer à nos patrons qu’ils peuvent nous faire confiance, d’où le leadership féminin.

Le Gouvernement togolais s’est engagé dans une dynamique de croissance accélérée et de promotion de l’emploi avec l’élaboration et la mise en œuvre de la SCAPE. Quel est selon vous, le rôle qui revient à la femme de médias dans cette dynamique ?

Tout d’abord je crois que dans la Stratégie de Croissance Accélérée et de Promotion de l’Emploi (SCAPE), il y a une place qui est accordée au genre. En tant que femmes journalistes, notre travail est d’informer, d’éduquer et de divertir. Mais nous mettons beaucoup l’accent sur l’information et l’éducation. Nous devons accompagner et nous accompagnons d’ailleurs tous les jours cette stratégie du Gouvernement par nos écrits et productions. Il revient à nous femmes de médias de prendre aussi peut être des aspects spécifiques de cette stratégie et en montrer les bienfaits à la population.

Croyez-vous à la parité homme-femme dans l’espace médiatique togolais ?

Parité homme- femme dans l’espace médiatique togolais, j’y crois. La preuve, je suis devant vous aujourd’hui et je suis aussi la première femme à occuper le poste de secrétaire générale de l’Union des Journalistes Indépendants du Togo (UJIT). Depuis longtemps, ce sont des hommes qui occupent ce poste mais aujourd’hui, il y a une femme à la tête de l’Union, ce qui prouve que nos confrères comprennent la place de la femme dans la communauté. Donc j’y crois fermement et ça se démontre.

Brève présentation de l’OTIFEM! Comment se porte-t-il aujourd’hui ?

L’OTIFEM c’est l’Observatoire Togolais pour l’Image des Femmes des Médias. C’est un organe technique de l’UJIT qui s’occupe des femmes des médias. Non seulement ce qui concerne les femmes mais aussi l’image de la femme qui est montrée sur les médias. Donc l’OTIFEM réagit par rapport à tout cela pour dire son point de vue. C’est un observatoire qui a existé, qui existe et qui existera toujours. Cette journée d’échanges est une occasion pour nous de le relancer pour plus d’action sur le terrain. L’observatoire est ouvert à toutes les femmes et tout membre de l’UJIT est membre de l’OTIFEM sans protocole. Comment se porte l’OTIFEM ? Je le disais, l’observatoire va forcément toujours exister. C’est vrai que ces derniers temps, on n’a plus entendu parler de l’OTIFEM mais il existe toujours. Donc nous allons redynamiser nos activités sur le terrain.

Quel commentaire faites-vous de l’image présentée de la femme dans les clips vidéos et autres publicités ?

Je vous remercie beaucoup pour cette question. L’OTIFEM avait fait un travail dans ce sens à la Maison de la Presse à Lomé. Nous avons invité les artistes, le BUTODRA (Bureau Togolais du Droit d’Auteur, ndlr), les agences de communication et ensemble on a débattu de ce problème parce que finalement la femme est prise pour un objet. Dans les publicités, la femme est considérée comme un objet qu’on utilise pour toutes les occasions. A cette rencontre, on a discuté et je vous dis qu’ils ont leur part de responsabilité. Mais il y a également une part de responsabilité qui revient aux femmes parce que d’après nos enquêtes, c’est nos sœurs elles-mêmes qui se présentent aux producteurs, leur proposant de faire des prestations dans les clips. Et là vous verrez des femmes à moitié nues et ainsi de suite. C’est une mauvaise image de la femme et je crois que c’est l’occasion d’attirer encore une fois l’attention des producteurs. C’est aussi ce que la HAAC ( ndlr: Haute Autorité de l’Audiovisuelle et de la Communication) a commencé à faire depuis un certain temps.

En plus d’attirer l’attention, est-ce que vous avez une action concrète à mener peut-être dans les jours à venir ?

Pour le moment, c’est l’ information et la sensibilisation. Une fois encore, nous disons aux producteurs que la femme africaine n’est pas un objet; elle a de la valeur. Si nous voyons des choses sur les ondes peut- être en Occident et autres, et on veut les copier. Je dis que c’est faux ! Je dis que ce n’est pas ce que nous voyons dans les films régulièrement qui se pratique dans ces pays là. Nous voulons souvent copier toutes les choses et imiter tout ce que nous voyons dans ces pays là alors que si tu y vas, la réalité est tout autre. Donc je voudrais aussi en ce sens attirer l’attention de nos sœurs qui se présentent pour prester dans les clips vidéo et autres que leur beauté de femme se trouve dans leur dignité qui importe plus. Donc de grâce, on ne leur refuse pas de faire des prestations mais que cela se fasse dans la dignité et dans le respect.

Votre mot de fin ?

Je souhaite une bonne fête en différée à toutes les femmes et en particulier à nos consœurs journalistes. Et j’invite encore tout le monde à venir pour qu’ensemble, on puisse travailler main dans la main pour une contribution au développement de notre pays le Togo.

Je vous remercie madame!

C’est plutôt moi qui vous remercie.

Propos recueillis par David SOKLOU