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Protection de la jeune fille au Togo: un combat de longue haleine!

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Le 11 octobre dernier a été célébrée dans le monde et pour la  troisième année consécutive, la journée de la jeune fille sous le thème: « Renforcer les capacités des filles, briser le cycle de la violence ». Au Togo les  manifestations marquant cette journée ont été lancées à Sokodé, chef-lieu de la préfecture de Tchaoudjo à environ 300 km au nord de Lomé. L’apothéose  sera organisée conjointement par les ministères en charge de la Promotion de la Femme, de la Justice et de la Sécurité  le 23 octobre prochain au Palais des Congrès de Lomé. Au-delà de son  caractère festif , la Journée internationale de la Jeune fille offre l’ occasion de jeter un regard sur la situation de cette couche de la population, ses difficultés relatives à l’atteinte à ses droits ainsi que les mesures prises  pour sa protection.

Etat des lieux!

 Les violences basées sur le genre (VBG) constituent l’une des atteintes aux droits fondamentaux les plus répandues. D’après une étude de  l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), en 2013 ,  35% des femmes dans le monde ont déjà été victimes de violence physique et/ou sexuelle.

 Au Togo, une étude réalisée par le Ministère de la Promotion de la Femme en 2010 a révélé que la prévalence des violences basées sur le genre (VBG) à l’encontre des filles de 9 à 18ans est de 62, 5% pour les violences physiques, 91,9% pour les violences psycho-morales, 5,5% pour les violences sexuelles, 25% pour les violences économiques, 21% pour les violences institutionnalisées et 22, 5% pour les discriminations. Selon les résultats de l’enquête MICS4 2010, près d’un tiers des femmes entre 15 et 49 ans se sont mariées ou sont entrées en union libre avant l’âge de 18 ans, et 7% de ces femmes se sont mariées avant l’âge de 15 ans.

Pour le ministre de l’Action sociale, de la Promotion de la Femme et de l’Alphabétisation, Mme Eoué Dédé Ahoéfa, “Ces pratiques, non seulement compromettent la santé et l’éducation des filles ainsi que les possibilités de réalisation de leur potentiel pour leur épanouissement intellectuel, social et économique, mais constituent aussi les germes du cycle de la violence”. 

 

Des mesures importantes mais insuffisantes

 

Face aux violences dont fait l’objet la jeune fille, le gouvernement togolais en partenariat avec d’autres acteurs, a pris des mesures en ligne avec les objectifs de la SCAPE ( Stratégie de Croissance Accélérée et de Promotion de l’Emploi ),  de la Politique nationale pour l’équité et l’égalité  de genre, de la Politique nationale de protection de l’enfant, du Plan stratégique national de lutte contre le SIDA et les IST,  du Programme nationale de lutte contre le VIH/SIDA chez les femmes. Ces actions visent l’établissement d’un environnement favorable à l’épanouissement de la fille et la lutte contre les violences faites aux filles et aux femmes, explique Mme Ekoué. On note entre autres: le renforcement de l’arsenal juridique à travers l’adoption en 2013, de la loi portant aide juridictionnelle au Togo, permettant aux couches les plus démunies de pouvoir ester en justice en cas de violence de tout genre; la révision du code des personnes et de la famille en 2012 au regard des textes nationaux et internationaux de droits de la femme;  le code de l’enfant de 2007 qui garantit l’égalité des enfants des deux sexes et les protège contre toute forme de violence; la loi de 1998 portant interdiction des Mutilations Génitales Féminines au Togo; la loi de 1984 qui permet de préserver les filles régulièrement inscrites dans les établissements d’enseignement ou dans un centre de formation professionnelle des abus sexuels et des grossesses et ;  le code pénal en révision qui prend en compte les violences faites aux femmes et aux filles.

Pour rendre effective la jouissance par les populations des dispositions de ces différents textes, des campagnes de formation, d’information, de sensibilisation et de plaidoyer en direction des autorités administratives, traditionnelles et religieuses, des leaders communautaires et des populations sont organisées pour lever le poids des pratiques culturelles néfastes.

Par ailleurs, en vue d’harmoniser les interventions sur le terrain, le gouvernement a mis en place une stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre qui prend en compte la dénonciation par les femmes des cas de violences, la traduction des auteurs en justice, la protection des victimes, le recours en justice et la réinsertion, la formation et la sensibilisation des différents acteurs sur toute la chaîne de prévention et de prise en charge. En outre , dans le cadre de la gestion des cas de violences, le  gouvernement a mis en place un système d’alerte précoce à travers une ligne téléphonique verte “ALLO 1011” pour dénoncer les violences contre les enfants  et créé des centres d’écoute, de conseils et de prise en charge des victimes de violences basées sur le genre.

Pour une réponse communautaire et participative, le gouvernement a initié avec l’appui des ses partenaires, un travail remarquable à la base, qui a abouti d’une part à l’engagement des chefs traditionnels et des leaders religieux dans la lutte contre les pratiques socioculturelles préjudiciables aux enfants à travers une déclaration conjointe le 14 juin 2013 dite « Déclaration de Notsè », et d’autre part à l’implication des enfants au processus de leur protection à travers la mise en place du Conseil consultatif national des enfants pour favoriser la sensibilisation et l’éducation par les pairs.

Depuis quelques mois, le gouvernement a enclenché le processus de mise en place d’un programme national de lutte contre les grossesses et les mariages précoces chez les adolescentes, qui prévoit des actions ciblées permettant de mettre fin au phénomène.

Une autre mesure et non des moindres, est l’élaboration d’un programme de lutte contre la violence faite aux filles et aux femmes. Sa mise en œuvre devra permettre de renforcer les capacités de filles.

 

L’éducation et la formation des filles étant l’une des stratégies prioritaires pour une lutte efficace contre les violences faites aux femmes et aux filles, le gouvernement s’est engagé à mettre en œuvre des actions favorisant l’accès et le maintien des filles à l’école à travers le rapprochement de l’école des apprenant(e)s, la construction continue des salles de classes dans les coins les plus reculés, la transformation progressive des EDIL ( Ecole d’Initiative Locale) et CEGIL (Collège d’Enseignement Général d’Initiative Locale) en établissements publics, la suppression des frais scolaires dans les établissements publics d’éducation préscolaire et  primaire, la mise en œuvre de mesures temporaires en faveur des filles dans le payement des frais de scolarité dans le secondaire et l’octroi de bourses et kits scolaires aux enfants vulnérables surtout aux filles.

Ces mesures sont couplées des séances de sensibilisation et de communication communautaires en faveur de  l’éducation des filles et de lutte contre les violences basées sur le genre qui amènent les communautés à adopter des comportements favorables à l’éducation et à l’épanouissement des filles

Toutes ces actions, conjuguées avec celles des partenaires et des organisations de la société civile, ont produit certes des effets positifs, mais n’ont pas été suffisantes pour enrayer la violence faite aux filles”, reconnaît le ministre en charge de la Promotion de la Femme qui lance cet appel: “Nous devons ensemble poursuivre les efforts pour renforcer des capacités des filles à faire respecter leurs droits. Il est impératif et urgent de nous impliquer en donnant une attention accrue aux filles vulnérables et en allant au delà de la sensibilisation, pour  dénoncer  et faire sanctionner  les violences à l’endroit des filles, en conformité avec nos lois“.