Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin

Reportage/ Sur les traces d’une bénéficiaire d’ APSEF

Share on facebook
Facebook
Share on twitter
Twitter
Share on linkedin
LinkedIn
Share on email
Email
Share on whatsapp
WhatsApp

 

Depuis le 12 mai dernier , une délégation du Fonds National de la Finance Inclusive (FNFI) conduite par Mme Victoire Tomégah- Dogbé, ministre en charge du Développement à la Base, sillonne les différentes préfectures du Togo en vue d’informer et sensibiliser les populations sur le produit Accès des Pauvres aux Services Financiers ( APSEF) , premier produit du FNFI.

Du 22 au 29 juin 2014, c’était la grande étape de la tournée. Nous comptions parmi la quinzaine de journalistes qui suivaient la délégation qui s ‘était rendue à Mandouri , Cinkassé, Tandjouare, Mango, Kanté, Niamtogou, Bassar, Guérin-Kouka, Tchamba, Bafilo, Pagouda.

Nous arrivons à Sokodé le 28 juin. Il était environ 15 heures et demi .La foule massée sur le terrain de l’EPP Koma2 suivait religieusement le message qui lui était délivré. Dans cette ville réputée pour son intense activité commerciale, nous décidons d’aller à la rencontre d’une bénéficiaire du crédit APSEF en vue d’apprécier l’impact de ce produit sur ses activités. On nous désigne une jeune femme. La trentaine environ, teint noir, tête couverte d’une voile blanche, elle se prénomme Rachida. Au début réticente , elle accepte finalement de nous parler sur notre insistance . Nous décidons de connaître chez elle, ce à quoi elle ne trouva pas d’inconvénient. Nous hélons des taxis motos. Nous traversons la ville jusqu’au quartier Kpangalam, à la sortie nord. Au détour d’une ruelle, nos nous arrêtons devant une maison. Rachida ouvre le portail et nous fait signe d’entrer. La maison est déserte à cette heure de la journée. Elle compte quatre chambres. Nous suivons notre hôte jusqu’à un bout de la cour. Elle ouvre une porte. Nous entrons. Un canapé, une table centrale, quatre chaises, un lit caché par un rideau , voilà l’essentiel du mobilier de la pièce qui nous accueille. Dans un coin, deux sacs de riz entamés attirent l’attention. “Bienvenus chez moi“, nous dit Rachida.

Nous engageons la conversation. Qui est-elle? Que fait-elle? Quel est l’impact du crédit APSEF sur ses activités? Voilà les questions que nous posons à notre hôte. ” Je suis Rachida, vendeuse de Watché ( ndlr: riz mélangé d’haricot). J’ai deux enfants , une fille et un garçon. Mon mari est chauffeur.

Je fais partie des premières bénéficiaires d’APSEF. Avant d’avoir ce crédit, mon commerce marchait bien. Mais mon problème était que chaque matin, généralement avant midi, le riz est déjà fini. Beaucoup de clients venaient après mais repartaient sans manger. Cela me faisait mal. Mon mari n’est pas financièrement au point pour m’aider à augmenter la quantité de marchandise; je ne voulais pas non plus acheter les choses à crédit parce que cela me reviendrait cher. Alors quand j’ai entendu parler d’APSEF, je n’ai pas hésité une seule seconde. Aujourd’hui , grâce à ces 30.000 que j’ai reçus, j’achète du riz en sac. Vous pouvez le voir vous-même ( ndlr: elle désigne les deux sacs de riz entamés dont nous avons parlé plus haut). Maintenant, je sers du riz jusqu’au soir et mes revenus ont augmenté.

Pour le remboursement , je mets de côté chaque jour un peu d’argent. ”

Nous voilà bien servis mais pour avoir le cœur net , nous prions Rachida de nous conduire à l’endroit où elle expose sa marchandise.

Lorsque nous sortons dans la cour nous apercevons dans un coin, un hangar. Là jonchent une grande casserole, une cuvette en aluminium et autres ustensiles de ménage bien récurés et soigneusement rangés sur une table. C’est là que Rachida prépare le watché.

Nous sortons de la maison et arpentons une ruelle qui nous mène à une place très animée. Nous nous arrêtons devant un hangar . Une fillette d’une douzaine d’années servait à manger à des clients assis sur un banc . Sans se soucier de notre présence, les cinq hommes savouraient avec une volupté indescriptible leur watché. “C’est ici que j’expose mon riz. C’est ma fille qui sert les clients. Elle m’aide souvent quand elle ne va pas à l’école. Cet après-midi je lui ai demandé spécialement de me remplacer pour que j’aille écouter ce que Madame la ministre est venue nous dire sur APSEF”, nous explique Rachida.

Après ces explications, notre hôte nous demande de nous asseoir pour déguster son watché. Nous acceptons l’invitation sans nous faire prier. Quelques secondes plus tard, un plat de Watché sur lequel trônent quatre gros morceaux de wangache ( fromage ) frits, nous est servi. ” … Hum! quelle saveur! Nous comprenons alors pourquoi les clients se pressent devant l’étalage de Rachida.

Je vais bientôt ranger les affaires et rentrer parce que le riz est sur le point de finir. La journée a été bonne. Je rends grâce à Dieu et je dis merci au Chef de l’Etat qui a pensé à nous les pauvres. Que Dieu le bénisse”, nous lance Rachida après notre repas.

Nous prenons congé de la jeune femme , satisfaits de notre belle incursion dans la ville de Sokodé.

Comme Rachida, des milliers de femmes à travers tout le Togo, ont bénéficié d’APSEF et mènent leurs activités qui commencent à porter leurs premier fruits. Les témoignages sont encourageants .

A travers APSEF, une bataille décisive dans la grande guerre contre la pauvreté au Togo, est en train d’être gagnée . Devant nos yeux!