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Santé : Le Togo veut éliminer l’Onchocercose d’ici 2020

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Mis en place depuis  le 16 février 2016, le comité spécifique d’experts sur l’onchocercose   tient  sa seconde réunion ce mardi 26 juillet et ce jusqu’au 28 juillet. Cette rencontre intervient après celle d’avril dernier qui a permis au comité de réfléchir sur les stratégies à mettre en place pour accompagner le Programme National de Lutte contre l’Onchocercose (PNLO) dans l’élimination  de cette maladie . Il s’est agi plus spécifiquement, pour les experts de faire le point  sur la situation actuelle de l’Onchocercose au Togo; évaluer le niveau d’évolution du Programme Onchocercose dans son processus d’élimination de cette maladie; prendre connaissance du contenu du document OMS de critères de l’élimination de l’Onchocercose; élaborer un plan  de travail en vue d’appuyer le PNLO.

La seconde réunion qui débute ce mardi vise à éclairer les experts et les acteurs de lutte contre les Maladies Tropicales Négligées (MTN) sur les nouveaux critères d’élimination de l’onchocercose ; étudier la démarche du PNLO pour l’évaluation de la situation entomologique et épidémiologique de l’onchocercose au Togo au vu de des critères de l’OMS pour l’élimination de la maladie ; étudier les potentiels goulots d’étranglement dans le processus de l’élimination de l’onchocercose au Togo ; discuter du plan de travail du comité en vue d’appuyer le PNLO dans ses activités d’élimination de l’onchocercose au Togo.

La présente réunion voit la participation d’experts internationaux de l’OMS, de Sightsavers et du HDI.

« Après près de 42 ans d’assistance de notre pays par les différentes organisations, la situation de l’onchocercose a connu une amélioration significative », s’est félicité le Professeur Moustafa Mijiyawa, Ministre de la Santé et de la Protection sociale, s’exprimant à l’ouverture de la réunion.

 

En effet, l’Onchocercose est une maladie parasitaire avec des manifestations cutanées et oculaires,  transmise à l’homme par la piqûre infectante d’une petite mouche noire bossue appelée simulie. Elle a sévi au Togo comme dans les autres pays de la sous -région ouest -africaine  sous forme hyper et méso endémique. La lutte contre cette maladie a débuté en 1974 au Togo comme dans les autres pays d’Afrique de l’Ouest. Une évaluation menée en 1976 a révélé des prévalences variant entre 60 et 80% et des taux de cécité entre 1 et 4%. Les complications graves notamment  les lésions oculaires et les pertes de la vue étaient fréquentes. Les conséquences socio-économiques étaient énormes: abandon des terres fertiles, baisse de la productivité agricole, augmentation de la pauvreté et baisse d’espérance de vie chez les populations touchées. De 1974 à nos jours, la lutte contre cette affection au  Togo a bénéficié de l’appui des partenaires suivants: OCP de 1974 à 2002; OMS/SIZ dd 2003 à 2007; Sightsavers  de 2001 à ce jour; HDI depuis 2010. Les principales stratégies de lutte utilisées étaient la lutte anti-vectorielle pour l’élimination du vecteur et la chimiothérapie préventive avec l’ivermectine  à partir de 1988. Aujourd’hui après près de 40 ans de lutte , la situation épidémiologique est relativement satisfaisante par rapport à celle de départ.  Les taux de prévalence ont connu une régression considérable chutant de 88% à moins de 5% dans la majorité des villages suivis  et les taux de cécité quasi nuls. Des évaluations épidémiologiques effectuées sur une période allant de d’octobre 2010 a juin 2015 dans 315 villages de suivi , ont donné des résultats suivants: – 223 soit 71% ont une prévalence microfilarienne inférieure à 1%. C’est les cas de Kountouaré sur le bassin de l’Oti (76% à 0%), Léon ( 70% à 0%) et Landa-Pozanda (80% à 0%) sur la Kara, Adéda-Copé sur l’Amou (80% à1%), Dogo-Copé (75% à 0%) et  Konigbo (73% à 1%) sur l’Anié, Tététou (79% à 0%) sur le Mono et Tokpo sur le Zio ( 83% à 0%). -289 soit 92% ont une prévalence microfilarienne inférieure ou égale à 5%. Sur le plan entomologique, la situation est relativement satisfaisante : sur 17 points de suivi, 9 présentent encore des taux d’infectivité supérieur à la norme qui est de 1 pour 1000 simulies infectieuses. Sur le plan thérapeutique, la distribution des comprimés d’ivermectine en traitement de masse dans la communauté a rendu le traitement accessible et disponible à toute personne éligible. Plus de deux (2) millions  de personnes sont traitées par an depuis 2002 (2.722.817 en 2015). Les indicateurs du TIDC sur le plan national et au niveau des régions ont connu une amélioration continue et tournent globalement autour de 98% de couverture géographique et 83% de couverture thérapeutique. Les activités du TIDC sont hautement décentralisées et prises en compte dans les micros plans de toutes les formations sanitaires  des zones endémiques. La disponibilité et la gratuité  de l’ivermectine, la participation communautaire avec l’implication des autorités sanitaires et politiques et la mise en œuvre depuis 2010 de la lutte intégrée contre les Maladies Tropicales Négligées (MTN) , constituent les atouts de  cette stratégie. « Ces résultats ont pu être obtenus grâce aux efforts soutenus de tous les acteurs que sont nos partenaires et les acteurs de terrain qui ont permis de maintenir pendant plus de dix ans les couvertures géographiques de 98% à100% et les couvertures thérapeutiques d’au moins 80% », a expliqué  le Professeur Gado Napo-Koura, Secrétaire général du ministère en charge de la Santé, lors de la première réunion du comité spécifique.

 

Avec cette situation, le Togo est parvenu  à l’étape de contrôle de l’Onchocercose selon l’objectif de l’OCP même si  certaines poches à prévalences de plus de 5% existent encore sur certains bassins. C’est les cas de Wessié sur la Kéran (14,8% en 2014), Batto sur la Mô (26,5% en 2014), Tsopkley sur Amou (10% en 2013).   Mais depuis 2010, on parle de l’élimination de l’Onchocercose d’ici 2025. Selon les experts, la faisabilité de l’élimination par la chimiothérapie préventive à l’ivermectine est possible d’après les études menées dans trois foyers d’Onchocercose au Sénégal et au Mali (Diawara et al, 2009).En plus, l’élimination de l’Onchocercose dans les Amériques au seul traitement à l’ivermectine n’est venue renforcer cet espoir. Au Togo, certains experts pensent que compte tenu  des avancées du pays dans la lutte contre l’Onchocercose, l’élimination de cette maladie peut être possible d’ici 2020. C’est donc ce défi que le gouvernement veut relever  en mettant en place le comité spécifique d’experts dont le rôle est de conduire le processus devant aboutir à la certification de l’élimination de l’onchocercose au Togo.

 

(Photo: les participants posant avec les officiels)