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Tournée nationale d’information sur l’ APSEF: Bilan positif , selon Mme Tomégah-Dogbé “Vu l’engouement sur le terrain , je suis sûre que nous allons dépasser les 300.000 personnes prévues pour 2014”

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Aného (préfecture des Lacs), Vogan ( préfecture de Vo) sont les dernières étapes de la grande tournée nationale d’information sur le produit Accès des Pauvres au Services Financiers (APSEF), tout premier produit du Fonds National de la Finance Inclusive (FNFI). La délégation du FNFI conduite par Mme Victoire -Tomégah -Dogbé, ministre en charge du Développement à la Base, département dont relève le FNFI, a sillonné Lomé, Tsévié, Atakapamé, Sotouboua Kara, Dapaong, Kpalimé, Agou-Gadzépé, Tabligbo , expliquant aux populations le bien fondé du Fonds et les conditions d’accès à l’APSEF.

A l’issue de la tournée le ministre, face à la presse , a dressé un “bilan positif”.

C’est un bilan positif, parce que la population est très réceptive au message du FNFI”, a-t-elle notamment déclaré.

L’entretien en intégralité.

Quel bilan faites -vous de votre tournée nationale qui s’achève ici à Vogan?

 

Victoire Tomégah-Dogbé: C’est un bilan positif, parce que la population est très réceptive au message du FNFI . Il y a beaucoup d’enthousiasme , beaucoup d’engouement autour de la chose. Ce qu’il faut constater , c’est que le FNFI avec son premier produit APSEF, constitue une réponse réelle aux préoccupations des populations à la base. L’une des préoccupations qui a été toujours soulevée, c’est l’accès à des services financiers qui sont adaptés aux besoins des populations vulnérables, ceux-là qui ne peuvent pas présenter des garanties, ceux-là qui ne sont pas en mesure de payer des intérêts très élevés, ceux-là qui sont presque oubliés, qui sont dans les hameaux reculés et à qui personne ne pense. C’est vraiment un mécanisme novateur d’inclusion économique et financière qui fait que le message passe facilement parce que les gens se disent : “On pense à nous!”. Avec l’APSEF, ce crédit de 30.000F au taux d’intérêt de 5% l’an, on peut développer une petite activité de revenus qui permet aux gens de se prendre en charge. La finalité de l’APSEF, c’est d’assurer l’insertion socio économique des plus vulnérables qui sont les femmes, les jeunes, les artisans, ceux-là qui ont besoin d’un petit coup de pouce pour démarrer une activité ou pour renforcer leur activité.

Le message c’est que les gens trouvent l’initiative très bonne. Il y en a qui pensent que le montant de 30.000F est insignifiant mais nous leur expliquons, à travers notre tournée , que c’est un crédit de masse et qu’il faut commencer par un petit montant; c’est justement ces petits montants qui servent à faire quelque chose et ceux qui sont les vrais bénéficiaires arrivent à rembourser parce que cela les aide à régler des problèmes. Les gens apprécient énormément le taux d’intérêt qui est très bien: 5% l’an , ça fait 750 F sur un crédit de 30.000F qui est remboursé en 6 mois.

Après cette tournée, quelle va être la prochaine étape?

V.T-D: Nous allons continuer la sensibilisation parce que le produit est nouveau. Même si les prestataires de services financiers travaillent déjà sur ce produit, nous pensons que dans un souci d’harmonisation, il est important de continuer la sensibilisation et la formation. Donc nous continuerons la sensibilisation vis -à- vis de la population cible pour qu’elle comprenne très bien le message parce que vous savez très bien qu’il y aura beaucoup d’intoxication . Egalement à l’endroit des prestataires de services financiers , nous avons organisé des formations pour leur permettre d’harmoniser leur approche pour les interventions.

Nous ferons aussi dans les semaines qui viennent, une première évaluation , parce que dans la plupart des préfectures, les premières opérations de crédit ont démarré . Donc nous allons faire le point avec les prestataires de services financiers pour voir déjà quelles ont été les difficultés constatées sur le terrain et pour pouvoir les aider à les contourner. Ce qui est bien aussi, c’ est que le système de gouvernance que nous avons mis en place , pousse les institutions de micro finance à faire le travail avant même de pouvoir toucher les ressources; c’est-à-dire qu’elles commencent la sensibilisation, elles identifient les groupes solidaires , elles font la formation et après elles soumettent la liste de ces groupes solidaires au FNFI qui leur donne les ressource qu’il faut pour aller satisfaire ces groupes solidaires. Donc il y a un mécanisme de gouvernance qui est mis en place pour mettre la pression sur les prestataires de services financiers afin que les résultats puissent être atteints. Vous savez que pour 2014, nous devons toucher 300.000 personnes et donc nous voulons que les vrais bénéficiaires soient touchés et que nous puissions nous dire que nous avons pu atteindre nos résultats.

Aujourd’hui est-ce que le FNFI a assez de moyens pour pouvoir toucher les 300.000 personnes?

V.T-D: Nous serons toujours confrontés à des défis de mobilisation de ressources. Pour tout projet que vous mettez en place, vous n’avez pas, pour commencer, les ressources. Mais la mobilisation des ressources fait partie des défis qu’il faut relever. Ce qui est bien , c’est que l’Etat togolais dit : ” moi- même je suis prêt à m’engager”. Donc il y a déjà un effort très important qui a été fait puisque 2 milliards de FCFA ont été mis à la disposition du Fonds pour démarrer. Ce qu’il faut noter aussi , c’est que comme le processus a été très participatif avec les partenaires au développement, les banques , les institutions de micro finance elles-mêmes, cela a facilité un peu le processus de mobilisation des ressources. Donc des partenaires s’engagent soit, pour nous aider à mettre en place un bon système de gestion d’information, parce que pour ce genre de Fonds, il faut un système de gestion d’information pour s’assurer que les ressources sont bien utilisées et qu’on puisse avoir des indicateurs pour mesurer les résultats; mais il y a aussi des partenaires qui disent: “Nous allons vous apporter un appui logistique pour que vous puissiez aider les institutions de micro finance”; d’autres encore disent : “Nous pouvons vous apporter même des ressources”. Par exemple, la BOAD(ndlr: Banque Ouest -Africaine de Développement) avec qui nous avons signé une convention de financement de 5milliarsd de FCFA. Alors si nous voulons toucher 300.0000 personnes avec un coût moyen de 30.000 F pour les six prochains mois, nous avons besoin , au bas mot , de 9 milliards. Nous avons déjà mobilisé 7 milliards, nous devons continuer à chercher le gap de 2 milliards. Nous pensons qu’il faut même aller au-delà de cela parce qu’avec l’engouement sur le terrain, je suis sûre que nous allons dépasser les 300.000 personnes prévues. Donc le défi de mobilisation des ressources est pour nous un défi au quotidien et nous allons le relever parce que quand nous allons démontrer que c’est quelque chose de très professionnel, de sérieux, de crédible, je suis sûre que des partenaires seront là pour nous accompagner.

Le premier bébé du FNFI , l’APSEF, est né et vous êtes en train de l’entretenir. Mais beaucoup se demandent à quand leur tour. Y-aura t-il d’autres bébés?

V.T-D: Bien sûr! Nous avons démarré avec l’APSEF parce que nous voulons réellement montrer que l’inclusion financière et économique dans notre pays peut être une réalité. Donc nous avons démarré avec un crédit de masse parce que beaucoup n’arrivent pas à être touchés depuis des années. Une fois que ce premier produit est lancé, il y aura d’autres produits. Par exemple, des produits spécifiques pour des catégories bien spécifiques; ça peut être des crédits pour les artisans, des crédits pour les paysans , des crédits pour les commerçants. Selon les besoins de chaque catégorie, nous allons nous asseoir avec cette catégorie et voir quel est le produit qui peut être adapté à ses besoins. Donc pour nous, l’APSEF, c’est un premier produit. Déjà l’équipe du FNFI a commencé à réfléchir sur d’autres produits et nous espérons que d’ici à la fin de l’année, d’autres produits pourront sortir ; mais ce sera des produit ciblés pour répondre à des besoins spécifiques.

(Photo: Mme Tomégah-Dogbé , s’adressant à la population de Vogan)