Il y a tout juste 4 ans, le colonel Mouammar Kadhafi vivait ses derniers instants dans sa ville natale de Syrte. Le 20 octobre 2011, l’ancien guide libyen était capturé puis assassiné par ceux que l’on appelait les thowars, les combattants rebelles avec l’aide de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Le président déchu fut exécuté le 20 octobre 2011. Cette intervention de l’OTAN, s’explique selon les occidentaux par la nécessité de sauver les libyens de la dictature du « guide » pour leur garantir la paix, la tranquillité, la démocratie. 4ans après la mort de celui qui est considéré comme le malheur du peuple libyen, il est plus que nécessaire de faire l’Etat des lieux.
Depuis, le départ du guide de la jamariya, le pays est plongé dans le chaos avec des combats meurtriers entre groupes armés rivaux et deux autorités se disputant le pouvoir malgré les efforts de l’ONU de leur faire accepter un gouvernement d’union nationale.
En août 2014, la capitale Tripoli est tombée aux mains de milices dont certaines islamistes, qui ont installé une autorité rivale à celle reconnue par la communauté internationale, contrainte de fuir vers l’est, à Tobrouk.
Profitant du vide politique et de l’insécurité permanente, le groupe djihadiste Etat islamique (EI) s’est implanté dans le pays. Le blocage d’une grande partie de la production et de l’exportation du pétrole par des groupes armés à des fins politiques a eu un important impact sur l’économie du pays, entrainant une récession de 9% en 2013, alors que les revenus des hydrocarbures représentent 98% des recettes de l’Etat.
La Libye est aussi devenue le terrain de jeu de passeurs sans scrupules, qui organisent pour des sommes colossales le départ vers l’Europe de milliers de migrants en grande majorité africains sur des embarcations de fortune, contribuant à faire de la Méditerranée un vaste cimetière.
Selon beaucoup d’observateurs, la vie des libyens sous Mouammar Kadhafi n’a rien à envier à la leur situation actuel. C’est le cas de HANS CANY, journaliste indépendant, vivant en Europe et propriétaire du site « L’étoile noire » (http://etoilenoire.hautetfort.com/). Il a dressé un tableau élogieux de la Libye sous Kadhafi. « Le coût de la vie en Libye est beaucoup moins élevé que celui qui prévaut en France. Par exemple, le prix d’une demi-baguette de pain en France est d’environ 0,40 Euros, tandis qu’en Libye il est de 0,11 Euros. Si on voulait acheter 40 demi baguettes de pain en France, cela reviendrait donc à 16 Euros, alors qu’en Libye on les paierait 4,40 Euros…» a-t-il fait observer.
Malgré ses prouesses, reconnues par certains, d’autres par contre fustigent son règne sans partage et sa « brutalité ». Néanmoins, ce qui est clair, la Libye aura du mal a retrouvé son prestige d’antan. En ce jour anniversaire de la mort de ce personnage qui a marqué l’histoire de l’Afrique, le devoir de mémoire nous oblige à avoir une pensée pour « le roi des rois d’Afrique »
Que la terre, une fois encore, lui soit légère.


