Les femmes du ministère en charge du Développement à la Base ont commémoré hier mercredi 08 mars, la journée internationale de la femme à la Bluezone de Cacavéli, autour du thème mondial : «Les femmes dans le monde du travail en mutation : planète 50-50 d’ici 2030 ». Étaient invitées pour la rencontre, des femmes au parcours exceptionnel, des femmes leaders communautaires, l’artiste Adjoa Sika…
La rencontre présidée par Mme victoire Tomégah-Dogbé, ministre en charge du Développement à la Base et la Représentante –résidente du PNUD au Togo, Mme Kardhiata Lo N’Diaye, a été marquée par une communication sur le thème de la journée, suivie d’échanges.
Dans sa communication, Mme Khardiata Lo N’Diaye a relevé la sous-représentativité des femmes à des postes de décisions, dans l’administration publique et dans les secteurs économiques notamment l’entrepreneuriat. Pour la communicatrice, cela est dû à la mentalité de la femme qui accepte sa situation d’infériorité par rapport à l’homme, à l’éducation de base qui privilégie les garçons mais aussi à la discrimination dont la femme fait l’objet dans le milieu du travail. Chantage, violence verbale, harcèlement sexuel… sont pour la communicatrice, autant d’obstacles à l’avancement professionnel de la femme. « Cela doit cesser », a-t-elle martelé.
Pour la représentante résidente du PNUD, la stratégie pour l’atteinte de l’objectif planète 50-50 à l’horizon 2030, doit davantage être basée sur la reconnaissance du rôle et de la place de la femme ainsi que son intégration dans l’économie, tel que préconisé par les ODD (Objectif de Développement Durable). Car selon la communicatrice, citant une étude menée par d’éminents économistes, l’intégration de la femme dans l’économie en Afrique ferait bondir le PIB du continent de 6 points. Mais en intégrant pas les femmes, l’Afrique perd 95 milliards de dollars, beaucoup plus que l’aide publique au développement estimée à 70 milliards de dollars, précise-t-elle, faisant référence à l’étude.
Aussi Mme N’Diaye a-t-elle appelé les femmes à se préparer à jouer leur rôle à travers une bonne organisation de leur vie.
« Le monde change, le milieu du travail devient plus exigent », a-t-elle souligné, appelant les femmes à être les actrices de ce changement. « Ce n’est pas la complainte qui nous fera avancer mais la preuve de ce que nous savons faire…La confiance en soi, la volonté d’aller de l’avant, personne ne peut nous l’enlever », a-t-elle ajouté.
A la suite de Mme Khardiata Lo N’Diaye, Mme Victoire Tomégah –Dogbé s’est adressée à l’assistance.
Pour elle, les diplômes universitaires ne sont pas une carte blanche pour une belle carrière professionnelle, l’essentiel étant un travail psychologique sur soi-même, une perpétuelle remise en cause de soi-même. « Le premier pas, c’est soi-même, c’est la volonté », a-t-elle martelé. Et d’enchaîner : « Nous sommes capables de grandes choses mais nous avons aussi besoin de nous remettre en cause…Nous devons briser les barrières à tous les niveaux…Nous devons démontrer de la volonté… Nous devons être toujours dans l’action…Nous devons être audacieuses car l’audace a du génie, du pouvoir, de la magie. Nous devons nous organiser pour arriver à relever des défis…Nous devons être les actrices du changement…. Nous devons avoir un rêve….Nous devons prendre des risques car qui ne risque rien n’a rien… Vous allez échouer mais le plus important, c’est d’arriver à vous relever ».
Au cours des échanges, les deux intervenantes ont partagé avec l’assistance leurs expériences de femme au foyer et de vie professionnelle.
(Photo: Mme Khardiata Lo N’Diaye , présentant sa communication)

